Neuf morts dans une nouvelle attaque russe de missiles balistiques à Kiev
Des secouristes évacuent une personne blessée d'un immeuble résidentiel endommagé à la suite des frappes de missiles qui ont visé la capitale ukrainienne, Kiev, le 2 juillet 2026. ©SERHII OKUNEV / AFP

Une nouvelle attaque nocturne de missiles balistiques contre Kiev a fait neuf morts, selon un bilan annoncé samedi matin, au moment où Donald Trump hésite toujours à autoriser l'Ukraine à produire des systèmes Patriot pour intercepter ces projectiles.

Sur les 27 missiles balistiques tirés par la Russie, l'Ukraine n'a pu en intercepter «qu'un seul» en raison du manque de moyens de défense aérienne, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur X.

Ces derniers mois, l'Ukraine a supplié ses alliés de lui fournir davantage de missiles intercepteurs Patriot de fabrication américaine, sa seule ligne de défense contre les attaques balistiques, particulièrement difficiles à neutraliser.

Depuis juin, la Russie a intensifié l'utilisation de ce type d'armes ultrarapides, faisant des dizaines de victimes civiles en Ukraine.

«C'est précisément cette pénurie de missiles intercepteurs balistiques qui n'encourage que davantage la Russie à lancer de telles attaques qui coûtent des vies humaines», a poursuivi M. Zelensky.

«Neuf personnes ont été tuées dans la capitale à la suite de l'attaque ennemie», a indiqué le maire de Kiev, Vitali Klitschko.

Deux personnes ont notamment été tuées et huit autres blessées dans le quartier de Solomiansky, à l'ouest de la ville, où des frappes ont endommagé un immeuble résidentiel de cinq étages, selon les autorités.

Plus de 30 personnes ont également été blessées lors de cette attaque qui a touché cinq quartiers de la capitale.

Parmi les bâtiments endommagés figure aussi l'ambassade de Lituanie, dont le ministre des Affaires étrangères a publié des images montrant notamment une porte fissurée et un luminaire endommagé.

Des journalistes de l'AFP ont rapporté avoir entendu plus de dix explosions successives tôt samedi matin, déclenchant les alarmes des voitures dans les rues.

Dans l'arrondissement de Darnytsky, où sept victimes ont été recensées, les secours ont également signalé «un incendie (...) dans un bâtiment administratif».

«Dès que l'alerte s'est déclenchée, j'ai juste eu le temps de sortir dans le couloir, jusqu'à l'entrée, et ça a commencé à trembler. Même le linoléum s'est soulevé», a raconté à l'AFP Kateryna Kravchenko, 75 ans, habitante de Kiev.

Oksana, une autre habitante, a évoqué des «explosions vraiment terrifiantes».

«Ensuite, le verre s'est mis à tomber comme la pluie, les gens ont commencé à sortir, et les explosions continuaient», a-t-elle déclaré.

Côté russe, le ministère de la Défense affirme que les frappes «de haute précision» contre Kiev et sa région visaient «des entreprises du complexe militaro-industriel et des centres logistiques en Ukraine».

La nuit précédente, huit personnes avaient été tuées, dont six membres d'une même famille près de Kryvyï Rig. Deux autres personnes étaient mortes dans des bombardements à Kiev et à Poltava.

Volodymyr Zelensky a affirmé que, selon des informations préliminaires, le missile balistique ayant anéanti cette habitation était de fabrication nord-coréenne.

«Besoin urgent»

«L'Ukraine a un besoin urgent de systèmes supplémentaires de défense antiaérienne et antimissile, ainsi que d'intercepteurs. La rapidité des décisions et des livraisons est cruciale», a écrit samedi sur X le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga.

Le président américain Donald Trump, qui avait exprimé début juillet sa volonté d'autoriser l'Ukraine à produire des systèmes Patriot pour faire face aux attaques de missiles balistiques russes, a encore nuancé vendredi cette perspective.

M. Zelensky, qui lui a rendu visite en début de semaine à la Maison Blanche, «aimerait avoir des Patriot et il aimerait avoir des (missiles) Tomahawk», a déclaré Donald Trump lors d'un conseil des ministres ouvert à la presse.

«Ces armes sont incroyables. Nous devons faire très attention avant de laisser quelqu'un les produire», a-t-il averti, ajoutant: «Nous n'avons pas donné notre accord. Nous en discutons.»

Le président américain avait également déclaré jeudi au Financial Times n'être «pas sûr» de donner son feu vert à Kiev pour la production de ces intercepteurs, les seuls capables d'abattre les missiles balistiques russes, dont la pénurie s'est aggravée depuis la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran fin février.

De son côté, l'Ukraine poursuit ses frappes contre des villes russes éloignées de la frontière, affirmant viser des infrastructures, notamment pétrolières.

AFP

Commentaires
  • Aucun commentaire