L'actrice Elnaz Shakerdoust a été condamnée à un an de prison en Iran pour son soutien aux manifestants tués lors de la répression sanglante de la contestation de janvier 2026, ont annoncé des organisations iraniennes basées hors du pays.
La peine de l'actrice, également condamnée à deux ans d'interdiction d'activité politique, artistique, et en ligne, a été confirmée en appel, selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA) et le média indépendant Emtedad, qui s'est entretenu avec l'avocat de l'actrice.
Les dates des décisions rendues par la justice iranienne en première instance et en appel ne sont pas connues.
L'AFP ne sait pas pour l'heure si l'actrice se trouve en Iran.
Elnaz Shakerdoust, qui a joué dans des dizaines de films, avait affirmé quelques semaines après la répression qu'elle ne travaillerait plus dans son pays «à l'odeur de sang».
«Je pleure mes chers (compatriotes morts), comment peut-il y avoir un festival? Je ne prendrai part à aucune célébration et je ne jouerai plus aucun rôle sur cette terre à l'odeur de sang», avait écrit l'actrice sur Instagram en février, au moment où s'ouvrait le principal festival annuel de cinéma de Téhéran, Fajr.
Téhéran a écrasé dans le sang début janvier un vaste mouvement de contestation entamé fin décembre pour protester contre la hausse du coût de la vie.
Il s'était rapidement transformé en vastes protestations antigouvernementales ayant culminé les 8 et 9 janvier.
Des ONG parlent d'une répression ayant fait des milliers de morts, tandis que le pouvoir reconnaît plus de 3.000 morts, mais impute les violences à des «actes terroristes» orchestrés par les États-Unis et Israël.
Elnaz Shakerdoust, 42 ans, a joué dans plus de 50 films en deux décennies de carrière, remportant de nombreuses récompenses dans des festivals en Iran.
En 2021, elle avait dénoncé le meurtre d'un jeune homme par sa famille dans le sud-ouest du pays en raison de son homosexualité. La justice iranienne avait alors ordonné le retrait de son message publié sur Instagram, qui avait suscité l'indignation des milieux conservateurs.
AFP