Pétrole: l'Opep+ augmente à nouveau ses quotas de production et boucle un cycle
Un homme passe devant le siège de l'OPEP le 4 octobre 2022, à la veille de la 45e réunion du Comité ministériel conjoint de suivi et de la 33e réunion ministérielle de l'OPEP et des pays non membres de l'OPEP, qui se tiendront le 5 octobre à Vienne, en Autriche. ©Joe Klamar / AFP

L'Arabie saoudite, la Russie et cinq autres membres de l'Opep+, réunis en visioconférence dimanche, ont décidé d'augmenter leurs quotas de production de pétrole pour le mois de septembre, dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient.

«Les sept pays participants ont décidé de mettre en œuvre un ajustement de la production de 188.000 barils par jour», soit un niveau similaire à celui des mois précédents, indique le communiqué de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), sans annoncer la pause de ce cycle haussier pourtant largement anticipée par les analystes.

Entre fin 2022 et 2023, le groupe avait cherché à soutenir les cours du pétrole en décidant d'importantes réductions de production, totalisant près de six millions de barils par jour, réparties en trois phases distinctes.

Mais l'Arabie saoudite, la Russie, l'Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l'Algérie, Oman et les Émirats arabes unis – avant leur départ de l'organisation le 1ᵉʳ mai dernier – ont ensuite changé de stratégie en réinjectant progressivement des volumes sur le marché à partir de 2025.

Avec deux des trois séries de réductions désormais entièrement rétablies, le groupe «a peu d'incitation à se précipiter vers de nouveaux ajustements de l'offre. Notre scénario de base est une pause au quatrième trimestre», estime Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy.

Une production en berne

Dans les faits, le cartel n'est plus en mesure de porter sa production aux niveaux fixés par ses quotas, ni même de les relever davantage, car «certains membres du groupe ont connu une baisse de leur capacité de production», explique Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

La guerre au Moyen-Orient a lourdement affecté la production des pays du Golfe, contraints de réduire leurs exportations en raison de la paralysie du détroit d'Ormuz imposée par l'Iran.

Le trafic maritime dans la région s'était pourtant amélioré après la signature du protocole d'accord irano-américain en juin, ce qui s'était traduit par une hausse de la production par rapport au mois de mai, selon les données de l'Opep.

Toutefois, la reprise des hostilités en juillet a entraîné un nouveau recul de la navigation dans le détroit d'Ormuz ainsi qu'une augmentation des risques en mer Rouge, ce qui devrait se traduire par une baisse des volumes effectivement produits.

Par ailleurs, la Russie, dont les infrastructures pétrolières sont régulièrement visées par des attaques de drones ukrainiens, peine à maintenir une production proche de neuf millions de barils par jour, contre un objectif de 9,8 millions.

«Pour l'instant, la géopolitique masque l'ampleur de l'augmentation de l'offre. Celle-ci deviendra beaucoup plus claire une fois que les flux d'exportation se seront normalisés», estime Jorge Leon.

Refonte à venir des quotas

Le calendrier d'une réelle augmentation de la production demeure incertain, même si certains membres, comme l'Irak, ont déjà affiché leur volonté de produire davantage.

«Le groupe mène actuellement un processus visant à fixer les niveaux de capacité maximale durable» de production de chacun de ses membres, souligne Giovanni Staunovo.

Selon les analystes de DNB Carnegie, l'Opep+ «se prépare à des discussions potentiellement difficiles», cette révision devant servir de base à une refonte des quotas à partir de l'an prochain.

«Pour le moment, la cohésion du groupe n'est pas en jeu», estime Jorge Leon. Toutefois, le départ des Émirats arabes unis en mai a mis en lumière une certaine fragilité au sein de l'organisation.

Abou Dhabi avait justifié son retrait par ses «objectifs stratégiques à long terme», le pays ayant multiplié les investissements pour accroître sa capacité de production pétrolière, une stratégie difficilement compatible avec le maintien de quotas restrictifs.

AFP

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