Brésil: «en pleine forme», Lula se lance à 80 ans dans sa dernière bataille
Lula est officiellement candidat à sa réélection. À 80 ans, le président brésilien promet que ce sera son dernier mandat et affrontera Flavio Bolsonaro lors d'un scrutin sous haute tension. ©PABLO PORCIUNCULA / AFP

À 80 ans, le président de gauche brésilien Lula a officiellement lancé dimanche sa campagne pour un quatrième et dernier mandat, à l'occasion d'une convention de son Parti des travailleurs (PT), à São Paulo.

Revenu au pouvoir en 2023 après avoir dirigé le Brésil de 2003 à 2010, Luiz Inacio Lula da Silva s'est déclaré «en pleine forme» devant près de 3.000 partisans réunis dans la capitale économique du pays.

«Je veux me battre contre la vieillesse. Je ne veux pas marcher en traînant les pieds», a lancé le chef de l'État, évoquant sa routine sportive quotidienne. Comparant son parcours à celui de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, tous deux présents à six Coupes du monde, il a qualifié cette nouvelle candidature de «septième Coupe du monde» avant d'assurer qu'il s'agirait de la dernière. «Après, je partirai en vacances pour roucouler» avec son épouse Rosangela «Janja» da Silva, a-t-il plaisanté.

Lula affrontera en octobre Flavio Bolsonaro, sénateur de 45 ans et fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, actuellement détenu pour tentative de coup d'État après avoir contesté sa défaite électorale de 2022. Son épouse, Michelle Bolsonaro, est candidate aux élections sénatoriales.

La campagne s'annonce fortement marquée par le rôle des États-Unis. Allié de la famille Bolsonaro, Donald Trump a récemment soutenu plusieurs candidats conservateurs en Amérique latine et son influence plane sur le scrutin brésilien.

Les tensions entre Brasilia et Washington se sont accentuées ces derniers mois. Les États-Unis ont imposé en juillet deux vagues de droits de douane sur des produits brésiliens, invoquant des pratiques commerciales jugées déloyales.

Sans citer directement Donald Trump, Lula a multiplié les appels à défendre la «souveraineté» du Brésil face à l'«interventionnisme» étranger. Devant un immense drapeau brésilien, il a affirmé vouloir «être prêt pour que personne n'envahisse ce pays» et a plaidé pour un renforcement des dépenses militaires.

Il a également assuré que «ni les Chinois, ni les Américains, ni les Français ne toucheront à nos terres rares», en référence aux importantes réserves de minerais stratégiques du Brésil.

Selon un récent sondage Datafolha, Lula recueillerait 48% des intentions de vote au second tour, contre 43% pour Flavio Bolsonaro. Malgré ces chiffres favorables, le pays reste profondément polarisé, près de quatre ans après une élection remportée de justesse par le président sortant.

Lula met en avant son bilan économique et social, marqué par une croissance soutenue et un niveau d'emploi record. Mais son camp est fragilisé par les inquiétudes liées au coût de la vie, à l'aggravation des déficits publics, à la criminalité et à de nouvelles accusations de corruption visant l'un de ses fils.

Le président brésilien avait lui-même passé 580 jours en prison entre 2018 et 2019 dans le cadre d'une affaire de corruption, avant que sa condamnation ne soit annulée pour des motifs de procédure et en raison de la partialité reconnue du juge chargé du dossier.

Par Facundo Fernández BARRIO/AFP

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