Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a appelé mardi les autorités libanaises à «cesser les concessions gratuites» et à «ouvrir le dialogue avec la Résistance», tout en réitérant le rejet des négociations directes avec Israël. Par ailleurs, Kassem a vivement critiqué le président de la République, Joseph Aoun, estimant que celui-ci «n'a pas agi comme un arbitre et un rassembleur, mais est devenu une partie prenante qui divise». «Cela ne correspond ni à son rôle ni à la force du Liban», a-t-il déclaré, ajoutant que «à ce rythme, le pouvoir politique n'obtiendra rien pour le Liban».
Dans un discours prononcé à l'occasion de l'Arbaïn de l'imam Hussein, Kassem a estimé que «toutes les négociations directes n'ont apporté au Liban que la honte, l'humiliation, les déceptions et les concessions successives», accusant les autorités d'avoir accordé des concessions sans contrepartie.
Le chef du Hezbollah a appelé les responsables libanais à faire de la souveraineté nationale, du retrait israélien des territoires occupés, de la reconstruction, de l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth et de la restitution des dépôts bancaires leurs priorités, plutôt que de «présenter des gages aux États-Unis et à Israël sans rien obtenir en retour».
Naïm Kassem a affirmé que «le mémorandum d'entente» constituait, selon lui, le cadre permettant d'obtenir le retrait israélien, estimant que celui-ci n'aurait pas été envisageable «sans la résistance sur le terrain et le soutien populaire».
Le secrétaire général du Hezbollah a également affirmé que son mouvement poursuivrait les efforts en faveur de l'hébergement, de la réhabilitation et de la reconstruction des zones sinistrées, tout en estimant que l'État devait en assumer «l'entière responsabilité».
Sur le plan intérieur, il a insisté sur l'importance de préserver l'unité nationale, saluant les relations entre le Hezbollah et le mouvement Amal, qu'il a qualifiées de «rempart» face à Israël et aux États-Unis. Il a appelé «ceux qui misent sur les États-Unis et Israël» à rejoindre «l'unité nationale, la souveraineté et le refus de l'occupation».
Kassem a réaffirmé que «la résistance se poursuivra tant que l'occupation existera», tout en assurant que le Hezbollah soutenait le déploiement de l'armée libanaise au sud du Litani. «Nous sommes favorables à ce déploiement, nous le saluons et nous l'aidons au maximum», a-t-il déclaré.
Ouverture à un dialogue public avec Damas
Le secrétaire général du Hezbollah a également plaidé pour un renforcement des relations entre le Liban et la Syrie, qu'il souhaite voir fondées sur une coopération «fraternelle, positive et constructive». Il a exprimé le souhait de voir la Syrie préserver son unité, rétablir la justice avec la participation de toutes ses composantes et obtenir le retrait des forces israéliennes de ses territoires occupés.
Il a également appelé au retour des déplacés syriens dans leur pays «dans la dignité», estimant qu'«une Syrie stable est un soutien pour le Liban, tout comme un Liban stable est un soutien pour la Syrie». Naïm Kassem a enfin indiqué qu'«il n'existe aucun obstacle à une rencontre publique entre le Hezbollah et les dirigeants syriens, lorsque les deux parties jugeront le moment opportun».



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