La Syrie et l'Irak sont en négociations pour remettre en état un oléoduc stratégique reliant les deux pays, a indiqué mardi un responsable syrien, précisant que les travaux devraient s'étaler sur environ trois ans.
Cette annonce intervient alors que les pays de la région cherchent des alternatives au détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre l'opposant aux États-Unis.
Ce blocage a fortement perturbé les exportations de pétrole irakiennes, et en avril, Bagdad a annoncé avoir commencé à acheminer du brut par camion via la Syrie.
L'Irak a dans le même temps signé le mois dernier un protocole d'accord avec Damas visant à remettre en service l'oléoduc Haditha-Banias, destiné à transporter la production irakienne vers les marchés d'exportation méditerranéens et au-delà.
«Les négociations ont commencé en vue de finaliser le contrat» dans un délai de trois mois, a déclaré le PDG de la Société syrienne de pétrole (SPC), Youssef Qablawi, lors d'une conférence de presse organisée sur le site pétrolier de Rmeilan, dans le nord-est du pays.
Selon lui, les études techniques, les procédures d'appel d'offres et les travaux devraient durer «trois ans au maximum».
M. Qablawi a qualifié ce projet d'«essentiel» pour la Syrie, estimant que la capacité de l'oléoduc se situait entre «1,5 million et 2 millions de barils par jour».
Selon l'agence de presse officielle Sana, ce pipeline date de 1952 mais avait été mis hors service en 2003 après avoir été endommagé lors de l'invasion américaine de l'Irak.
Un consortium composé de trois entreprises, dont le géant américain Chevron, sera aux manettes du projet, dont les États-Unis ont salué en juillet «l'importance stratégique bilatérale et régionale».
Les nouvelles autorités syriennes, qui ont renversé en décembre 2024 Bachar al-Assad au terme de plus de 13 ans d'une guerre civile dévastatrice, s'efforcent de relancer l'économie du pays et de rénover ses infrastructures.
Au-delà de la remise en état de l'oléoduc, la Syrie veut porter sa propre production de pétrole à un million de barils d'ici 2030, contre quelque 100 000 actuellement, selon Youssef Qablawi.
Damas contrôle désormais l'ensemble des gisements de pétrole et de gaz du pays, après s'être emparé, en début d'année, de zones du nord qui étaient auparavant sous contrôle kurde, notamment Rmeilan.
AFP



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