Oman a fait état samedi de discussions «positives» avec l'Iran sur la future gestion du détroit d'Ormuz, au cœur de la guerre au Moyen-Orient, tout en mettant en garde contre les attaques de navires alors qu'un pétrolier a encore été ciblé.
Téhéran a assuré ces derniers jours s'être accordé avec le sultanat, dont les côtes bordent également le détroit, sur un itinéraire de transit des navires, mais Oman ne s'était pas encore exprimé publiquement.
La République islamique verrouille cette voie maritime stratégique depuis le début du conflit, et cible régulièrement les navires s'y aventurant sans son autorisation.
Téhéran refuse de revenir à la situation d'avant-guerre et entend imposer à terme des frais de service, ce à quoi les États-Unis s'opposent fermement.
Les négociations «se déroulent dans une atmosphère positive et constructive», a déclaré samedi le ministère omanais des Affaires étrangères. Sans nommer l'Iran, il a condamné «les attaques répétées» et appelé à s'abstenir de toute action susceptible de compromettre le processus diplomatique.
Un pétrolier de la compagnie nationale émiratie Adnoc a été la cible d'une attaque de missile dans le détroit d'Ormuz, sans faire de victimes, ont annoncé les Émirats arabes unis, imputant l'attaque à l'Iran.
Adnoc avait affirmé vendredi que 15 de ses bateaux avaient été pris pour cible dans le détroit depuis le début de la guerre fin février, dont trois sur cette seule semaine.
L'agence maritime britannique UKMTO a pour sa part signalé samedi qu'un navire avait été touché par «un projectile d'origine inconnue» dans le détroit d'Ormuz, provoquant un incendie.
«Aucun impact environnemental n'a été signalé. L'équipage est sain et sauf», a-t-elle ajouté dans un communiqué, sans préciser s'il s'agissait du même navire que celui mentionné par les autorités émiraties.
«Propre mécanisme»
L'Iran, qui n'a pas commenté ces attaques, a pour sa part estimé que les discussions avec Oman «approchaient de leur phase finale», selon son chef de la diplomatie Abbas Araghchi. Alors qu'une annonce était attendue depuis plusieurs jours, il a invoqué des «problèmes techniques» pour justifier ce retard.
L'aboutissement des négociations «ne veut bien sûr pas dire qu'Ormuz va rouvrir», a cependant réitéré le ministre. Il a évoqué d'autres «conditions et compensations» à discuter, alors que Téhéran réclame notamment la levée du blocus américain des ports iraniens.
«La réouverture du détroit suit son propre mécanisme et n'a rien à voir avec les négociations entre l'Iran et Oman», ont renchéri les Gardiens de la Révolution, puissante force armée iranienne, appelant l'ennemi à s'abstenir d'interférer».
Le président américain Donald Trump, qui alterne menaces de frappes massives et promesse de percée diplomatique, avait de son côté dit jeudi espérer une réouverture sous peu d'Ormuz, par lequel passait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
Un accord irano-omanais ouvrirait la voie à une relance du dialogue entre Téhéran et Washington pour mettre un terme durable à la guerre, déclenchée par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran le 28 février.
Un précédent protocole dans ce conflit, qui a fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale, avait été signé en juin. Et, avancée majeure, il avait permis la reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz.
Mais l'embellie avait été de courte durée: les hostilités ont recommencé début juillet après des attaques de navires, faisant voler en éclats l'entente.
Les bombardements américains ont cependant cessé depuis plus d'une semaine, tout comme les frappes de représailles menées par l'Iran contre les alliés de Washington dans la région, du Golfe à la Jordanie.
AFP



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