Les Iraniens sont «des joueurs d'échec professionnels», a taclé lundi le porte-parole de la diplomatie, répondant au président américain Donald Trump qui avait comparé la veille le conflit à «une partie d'échecs».
Que ce soit lors des négociations officielles ou en coulisses, «les Iraniens ont montré qu'ils sont des joueurs d'échecs professionnels», a déclaré Esmaeil Baqaei lors de sa conférence de presse hebdomadaire à Téhéran.
Déclenchée par une offensive américano-israélienne le 28 février, la guerre au Moyen-Orient s'enlise. Un protocole d'accord a été signé mi-juin par Téhéran et Washington, mais il a volé en éclats début juillet et depuis, Donald Trump peine à trouver une issue face aux revendications drastiques du pouvoir iranien, rompu depuis des années à l'art de la négociation.
Le président américain a semblé balayer dimanche les critiques dans une interview au média Axios. «Ça va s'arranger. Ça finit toujours par s'arranger», a-t-il dit. «C'est comme une partie d'échecs».
M. Baqaei a quant à lui ajouté: «Vous ne devez pas espérer ne pas vous salir quand vous vous battez avec des cochons. Après tout, cela fait parfois partie du combat qui vous est imposé».
Il a repris devant les journalistes le message répété ces derniers jours par les autorités iraniennes: il n'y a pas de «négociation directe» en cours avec Washington, seulement des «échanges de messages» via des intermédiaires, et les discussions ne pourront reprendre que lorsque les États-Unis cesseront leurs «violations» du protocole d'accord.
Tant que cela continuera, «les conditions nécessaires à la mise en place d'un trafic maritime international sécurisé ne seront pas garanties», a-t-il poursuivi, alors que Téhéran verrouille le stratégique détroit d'Ormuz et que Washington impose en retour un blocus des ports iraniens.
Pour l'heure, la diplomatie iranienne se concentre sur les pourparlers avec Oman visant à définir un futur itinéraire de transit dans le détroit. Il reste toujours «quelques points techniques» à discuter, a souligné le porte-parole, évoquant aussi plusieurs «mécanismes» à mettre en place pour assurer la sécurité et la propreté de la voie maritime.
«En règle générale, lorsque vous fournissez des services maritimes, vous recevez forcément quelque chose en retour», a-t-il dit.
L'Iran ne veut pas revenir à la situation d'avant-guerre et souhaite faire payer le passage, malgré l'opposition des États-Unis et de nombreux États, et le droit international de la mer.
AFP



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