Libye: le chef des renseignements de l'armée de Haftar tué dans un attentat
Des forces de sécurité libyennes tiennent un poste de contrôle à Tripoli, le 13 mai 2025. ©Mahmud Turkia / AFP

Le chef des services de renseignement de l'armée de l'est de la Libye, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, a été tué lundi dans un attentat à la voiture piégée à Benghazi, a annoncé mardi le commandement de cette force armée qui contrôle tout l'est et une bonne partie du sud du pays.

Le commandement de l'Armée nationale libyenne (ANL) a dénoncé, dans un communiqué publié en pleine nuit, «un acte lâche et criminel» qui a coûté la vie au général de brigade, Fauzi Al-Mansouri, un quinquagénaire.

L'attentat visant le directeur des renseignements militaires s'est produit «alors qu'il quittait la mosquée après avoir accompli la prière du soir» dans le centre de Benghazi (nord-est), a précisé l'ANL, commandée par Khalifa Haftar. L'ANL n'a donné aucun détail sur les possibles motivations des commanditaires.

Il s'agit d'une des premières attaques contre une institution officielle rattachée aux autorités de l'Est depuis une dizaine d'années, a dit à l'AFP un spécialiste de la situation dans cette région orientale.

L'ANL contrôle l'est depuis 2017 mais avec des poches de résistance à sa présence dans le sud.

Depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye a plongé dans l'instabilité et les divisions. Elle est actuellement gouvernée par deux exécutifs: l'un basé à Tripoli, reconnu par l'ONU dirigé par Abdelhamid Dbeibah et un autre basé à Benghazi, contrôlé par le clan familial des Haftar.

Dans l'est, où aucun combat de grande envergure n'a eu lieu depuis une décennie, les autorités aiment donner l'image d'une plus grande stabilité que dans l'ouest où des affrontements opposent régulièrement des groupes armés luttant pour le contrôle de certains territoires comme la ville de Zawiya (ouest), théâtre de nombreux trafics (gazole, drogue, migrants, etc...).

«Nous affirmons que ceux qui ont commis cet acte criminel ne pourront échapper au châtiment. Nous ne cesserons de combattre le terrorisme et poursuivrons notre lutte pour la stabilité et la sécurité de la Libye ainsi que pour l'unification de ses institutions», a ajouté l'ANL dans son communiqué diffusé sur Facebook.

La mort de Fauzi Al-Mansouri est un coup très dur pour l'exécutif de l'Est. Il était l'un des plus importants chefs militaires, proche de Haftar et ses fils, Khaled et Saddam, ce dernier dauphin désigné de l'octogénaire maréchal.

Originaire d'Ajdabiya (nord-est), l'officier avait joué entre 2014 et 2017 un rôle crucial dans les combats des forces pro-Haftar contre les jihadistes qui contrôlaient à l'époque la région orientale.

Il avait participé de manière déterminante à la planification et la conduite d'une vaste offensive sur la capitale, Tripoli, en 2019, qui s'était soldée par une défaite et un repli des forces de Haftar sur Syrte (centre), à la mi-2020.

AFP

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