Les syndicats de la presse et des rédacteurs rejettent la nouvelle loi sur l’information
Les syndicats de la presse et des rédacteurs rejettent la nouvelle loi sur l’information, dénonçant notamment le maintien des peines de prison pour les journalistes. ©ANI

Les syndicats de la presse et des rédacteurs de presse au Liban ont annoncé leur rejet de la version de la nouvelle loi sur l’information adoptée mardi par le Parlement, affirmant leur volonté de la contester sur les plans judiciaire et syndical et de saisir le Conseil constitutionnel.

Lors d’une conférence de presse conjointe tenue au siège du Syndicat de la presse, mercredi, les deux syndicats ont appelé le président de la République, Joseph Aoun, à renvoyer le texte au Parlement afin qu’il soit réexaminé et amendé pour garantir les libertés médiatiques et publiques.

Des amendements non retenus

Les deux syndicats affirment avoir participé, la veille du vote, à une réunion au Parlement au cours de laquelle leurs principales demandes avaient été exposées et, selon eux, acceptées. Ils réclamaient notamment la suppression des peines de prison pour les journalistes, une meilleure protection de la profession et des précisions sur les prérogatives de l’instance indépendante ainsi que sur le statut des médias en ligne.

Ils s’attendaient donc à voir ces modifications intégrées au texte lors de son adoption. Or, selon eux, aucune n’a finalement été retenue.

Le Syndicat de la presse a dénoncé une «tromperie» et assuré que les deux organisations poursuivraient leur mobilisation.

Un accord sur les amendements remis en cause

Dans leur communiqué commun, les deux organisations ont rejeté la nouvelle loi sur l’information, estimant qu’elle expose les journalistes à la détention préventive et à des peines d’emprisonnement.

Le communiqué revient également sur les discussions menées avant l’adoption du texte. Les représentants syndicaux affirment qu’après avoir demandé le retrait du projet afin d’en corriger les lacunes, ils avaient obtenu des engagements concernant la prise en compte de leurs amendements.

Les réserves sur l’article 104

Le président de l'Ordre des rédacteurs de la presse libanaise Joseph Kossaifi Joseph al-Qseifi a également critiqué la position du ministre de l’Information, estimant qu’une attitude «plus ferm » aurait été attendue de sa part pour défendre les libertés.

Il a particulièrement mis en garde contre certaines dispositions du texte, notamment l’article 104, qu’il considère comme susceptible de permettre l’emprisonnement de journalistes et l’imposition de lourdes amendes.

Les deux syndicats ont également dénoncé les dispositions qui, selon eux, pourraient ouvrir la voie à la création de nouvelles organisations professionnelles sur des bases catégorielles et confessionnelles, contribuant ainsi à une fragmentation du corps journalistique.

Vers un recours devant le Conseil constitutionnel

Les syndicats ont appelé le président Joseph Aoun à exercer ses prérogatives constitutionnelles et à renvoyer la loi au Parlement afin qu’elle soit réexaminée et amendée, dans le but de renforcer les libertés médiatiques et publiques et de préserver l’unité du corps journalistique.

Joseph Kossaifi a par ailleurs annoncé que les deux syndicats ne reconnaissaient pas la version actuelle de la loi sur l’information et qu’ils entendaient œuvrer à son retrait.

Les avocats des deux syndicats ont été chargés de préparer une étude juridique complète, avec la participation des juristes souhaitant contribuer à cette démarche, en vue de préparer un recours officiel qui serait présenté par plusieurs députés devant le Conseil constitutionnel.

Les deux organisations ont enfin appelé les journalistes et professionnels des médias à «rester unis» et à poursuivre leur mobilisation.

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