«Paniquer ou s'adapter?»: des Moscovites s'interrogeaient mercredi sur l'imminence d'une nouvelle vague de pénurie de carburant, après de précédentes difficultés d'approvisionnement ayant touché en juin la capitale russe à la suite de frappes ukrainiennes sur des raffineries.
Kiev a intensifié ces derniers mois ses frappes contre les infrastructures pétrolières russes, disant vouloir assécher une manne financière alimentant l'offensive russe à grande échelle lancée contre l'Ukraine il y a quatre ans et demi.
Jeudi dernier, une centaine de drones ukrainiens ont été abattus dans la région de Iaroslavl, au nord de Moscou, touchant une raffinerie qui alimentait l'ensemble du nœud central russe incluant la région de Moscou.
«Et si la raffinerie de Iaroslavl ferme définitivement, alors qu'elle nous livrait l'essentiel du carburant?», s'interrogeait Dmitri, visiblement énervé, en remplissant le réservoir de sa Lexus, après un quart d'heure d'attente, à une station dans l'est de Moscou.
L'entrepreneur, la soixantaine, dit à l'AFP avoir le pressentiment "que les pénuries de carburant sont pour longtemps" à Moscou.
Au tour d'Anna. A peine rentrée des vacances, cette "fonctionnaire de l'éducation" qui ne veut pas donner son nom, dit avoir cherché la marque de carburant dont elle a besoin dès la veille.
«Que faire? Vous avez autre chose à me proposer?», lance à l'AFP cette blonde au visage fatigué.
Pavel, un entrepreneur de 43 ans, se veut plus rassurant. «Soit vous paniquez, soit vous vous adaptez aux circonstances», lance-t-il.
Pour lui, les pénuries de carburant ne toucheront pas la capitale de plein fouet. «Moscou est obligée d'être la vitrine de la Russie», conclut ce Moscovite aisé.
Cet été, le manque de carburant a poussé certaines régions à instaurer des limites sur la quantité de carburant vendue par client, tandis que d'autres ont interdit le remplissage de bidons afin d'empêcher la constitution de stocks.
Fin juillet, ces restrictions ont été levées ou assouplies dans au moins sept régions, y compris à Moscou et Saint-Pétersbourg et dans le sud particulièrement touché par les pénuries.
A une autre station-service, Semion, 32 ans, attend son tour pour faire le plein de sa Mercedes avec une marque de carburant disponible.
«Je ne trouve pas la bonne marque», soupire-t-il, disant craindre de devoir aller réparer à grand frais sa voiture en y mettant un autre carburant. «Mais rien à faire», ajoute-t-il.
Tout au bout de la file, Noursoultan Akhmadov, attend patiemment son tour au volant de son taxi. Face aux pénuries, cet homme installé en Russie depuis 2018 avoue avoir l'intention de changer de métier, voire rentrer dans son pays natal, le Kirghizstan.
AFP



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