Les États-Unis ont privé de visas une partie de la délégation du président iranien Massoud Pezeshkian, qui doit quitter mardi l'Iran pour participer à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, ont rapporté lundi les médias iraniens.

Il s'agira du plus haut responsable iranien à se rendre sur le sol américain depuis le début de la guerre, déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines.

«Dans une mesure hostile sans précédent de la part du gouvernement américain, (Donald) Trump a refusé de délivrer des visas à certains membres de la délégation de haut rang du président, y compris au sein de son équipe de communication», a indiqué l'agence de presse gouvernementale Irna.

L'agence Mehr reprend l'information et cite un porte-parole de la présidence, Habibollah Abbassi, précisant que M. Pezeshkian s'exprimera mercredi devant l'Assemblée générale de l'ONU avant de rentrer samedi à Téhéran.

La diplomatie iranienne a accusé Washington de «bafouer le droit d'accès à l'information», pointant aussi la récente décision de Donald Trump d'interdire à trois médias américains l'accès à la Maison Blanche.

«Lorsqu'un gouvernement claque la porte au nez, même à des journalistes américains qu'il n'apprécie pas, et interdit l'accès aux reporters étrangers, y compris à l'équipe de communication du président iranien, dont il préférerait faire taire la voix, il ne s'agit pas de gérer l'accès à l'information. Il s'agit de tenter de dissimuler la vérité», a réagi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

Restrictions

Les États-Unis ont autorisé la délégation iranienne à se rendre à l'ONU malgré le conflit en cours mais elle sera soumise, comme l'an dernier déjà, à des restrictions pour ses déplacements.

Elle ne pourra pas acheter de produits de luxe ni d'autres articles, avait souligné jeudi le département d'État américain, ajoutant que la délégation était «moins nombreuse que l'année dernière».

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, qui en fait partie, a quitté Téhéran dès dimanche soir et a fait escale au Qatar, médiateur dans le conflit.

Rien n'a filtré sur cet arrêt qui intervient au moment où l'Iran dit avoir de nouveau transmis aux États-Unis, via le médiateur qatari, ses conditions pour la réouverture du stratégique détroit d'Ormuz, au cœur du conflit entre Téhéran et Washington.

Le trafic dans cette voie maritime, par laquelle transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est fortement perturbé par Téhéran depuis le début de la guerre.

Les États-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

Si les négociations sont toujours dans l'impasse, une accalmie a été observée ces derniers jours entre les deux belligérants.

Les États-Unis n'ont pas frappé le sol iranien depuis le 1er septembre, quand une série de bombardements avait notamment fait cinq morts et des dizaines de blessés lors d'un mariage dans le sud-est du pays, même si des attaques régulières de navires ont lieu dans le détroit d'Ormuz.

Deux bateaux y ont encore été touchés lundi par des projectiles d'origine inconnue, a ainsi indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Et la rhétorique s'est faite plus belliqueuse: les Gardiens de la Révolution, puissante armée de la République islamique, ont menacé de viser «de nouvelles cibles», avec «de nouvelles armes», en cas d'attaque des États-Unis.

AFP