La Colombie a donné à Washington son autorisation pour mener des opérations antidrogue conjointes, a annoncé mercredi le ministre américain de la Défense, ce qui permet aux États-Unis de franchir une nouvelle étape dans leur lutte contre le trafic de drogue en Amérique latine.
Bogota a «demandé au Pentagone de se joindre à la Colombie dans sa lutte contre le narcoterrorisme, en autorisant des opérations militaires conjointes», a déclaré Pete Hegseth depuis le Panama, où il est en déplacement.
«Des mesures pro-actives et concrètes comme celles-ci illustrent parfaitement le type de participation (...) que nous attendons de nos partenaires», a-t-il ajouté.
L'annonce de cette coopération a marqué l'entrée officielle du nouveau gouvernement de l'ultraconservateur Abelardo de la Espriella dans le «Bouclier des Amériques», une coalition antidrogue composée d'une vingtaine de pays d'Amérique latine et des Caraïbes, dirigée par le président américain Donald Trump.
L'accord pour intégrer le Bouclier des Amériques a été officialisé mercredi, lors d'un événement au Panama, par le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth et son homologue colombien Jorge Mora, qui ont signé un mémorandum d'entente pour l'adhésion de la Colombie.
La décision «réaffirme l'engagement de la Colombie en faveur d'une réponse hémisphérique coordonnée face au terrorisme, au narcotrafic, au crime organisé transnational et aux autres menaces qui affectent la sécurité, la stabilité et la prospérité» de la région, a déclaré le ministère de la Défense colombien dans un communiqué.
L'accord représente un tournant dans les relations diplomatiques entre Bogota et Washington, après les affrontements répétés entre l'ex-président de gauche Gustavo Petro et Donald Trump.
En septembre 2025, l'armée américaine a lancé une campagne de frappes aériennes visant des bateaux soupçonnés de se livrer au trafic de drogue dans les Caraïbes et dans l'est de l'océan Pacifique. Au moins 215 personnes ont été tuées.
L'administration de Donald Trump n'a fourni aucun justificatif prouvant que les bateaux visés servaient à des opérations de trafic de drogue.
Nombre d'experts dénoncent des frappes illégales qui cibleraient des civils ne représentant aucune menace contre les États-Unis.
Le président colombien nouvellement élu, Abelardo de la Espriella, a quant à lui promis d'éradiquer les groupes criminels tirant profit du trafic de drogue, au moment où ce pays d'Amérique du Sud connaît la pire vague de violence de ces dix dernières années.
AFP



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