Selon Washington, une quarantaine de pays servent de base de réexpédition de produits chinois
Vue du portique sud de la Maison Blanche à Washington, le 20 février 2021. ©Mandel Ngan / AFP

Une quarantaine de pays, parmi lesquels des partenaires commerciaux majeurs de Washington comme le Vietnam ou le Mexique, servent notamment d’étapes pour la réexpédition de produits, principalement chinois, vers les États-Unis afin de contourner les droits de douane, accuse un rapport de la Maison Blanche publié jeudi.

La pratique, dénoncée régulièrement par Washington, consiste par exemple à réaliser l’assemblage final des produits chinois dans un autre pays afin qu’ils ne soient plus considérés «made in China».

Cela permet aux entreprises d’expédier leurs produits finis vers les États-Unis à partir de pays où les droits de douane sont moins élevés, selon le gouvernement américain.

Le rapport pointe le fait qu’une quarantaine de pays «présente un risque élevé de réexpédition» de produits, y voyant un «réseau qui opère tant dans les lignes de production que de logistique».

Selon le rapport, une part de plus en plus importante de produits font l’objet de réexpédition avant d’arriver aux États-Unis sans pour autant apporter d’élément quantitatif.

Pour Washington, cette pratique est illégale en particulier quand le transit par un pays tiers se limite, selon la Maison Blanche, à un simple reconditionnement ou un changement de marque dudit produit.

Si le rapport ne vise pas uniquement la Chine, il pointe que la deuxième économie mondiale est le pays utilisant cette pratique de la manière la plus extensive.

«La Chine mène depuis des années une véritable escroquerie grâce à la réexpédition, en masquant la provenance des produits par un transit via une quarantaine de pays, volant notre budget de dizaines de milliards de dollars», a ainsi accusé le conseiller au commerce de Donald Trump, Peter Navarro, lors d’une conférence de presse téléphonique.

«Un moteur chinois installé dans un fauteuil inclinable vietnamien reste un moteur chinois et c’est un emploi américain de détruit. Le président Trump a promis de mettre fin à cette confiscation via des droits de douane plus élevés et une frontière mieux protégée», a-t-il ajouté.

Washington menace depuis plus d’un an ses partenaires de représailles via des droits de douane plus élevés s’ils ne prennent pas de mesures pour limiter les possibilités de réexpédition de produits chinois via leur territoire.

En janvier dernier, M. Trump avait ainsi menacé une nouvelle fois le Canada, alors qu’Ottawa cherche à développer ses échanges économiques avec la Chine, notamment pour répondre aux tensions commerciales avec son premier partenaire, les États-Unis, depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche.

Même si Washington s’inquiète de voir des entreprises chinoises installer des usines dans d’autres pays, la pratique est commune à de nombreuses entreprises dans le monde, qui vont avoir plusieurs étapes de fabrication de leurs produits en divers endroits, sans nécessairement le faire pour contourner des restrictions.

AFP

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