Les cours du pétrole ont reculé jeudi, accrochés à l'espoir que les flux pétroliers mondiaux, y compris ceux en provenance du Moyen-Orient, suffisent à satisfaire une demande estimée en baisse.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a baissé de 2,15% à 87,07 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, a diminué de 2,43% à 81,25 dollars.
Les analystes restent partagés sur la quantité de pétrole qui parvient à franchir le détroit d'Ormuz, alors que les États-Unis et l'Iran multiplient les déclarations en affirmant chacun contrôler ce passage stratégique.
«On ne sait pas très bien aujourd'hui quelle quantité de pétrole transite réellement par le détroit d'Ormuz», souligne Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.
Mais pour les experts d'Eurasia Group, ce qui est certain, c'est que «les flux clandestins transitant par Ormuz soulagent la pression» du marché.
Une part croissante des tankers choisit de franchir ce passage avec les transpondeurs AIS, des appareils permettant la localisation des navires, éteints.
Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB, juge qu'il passe «quotidiennement beaucoup plus de pétrole qu'on ne le pensait auparavant».
Le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, avait affirmé mardi que «près de 9 millions de barils par jour» quittent actuellement le Golfe en passant par Ormuz, une estimation bien supérieure à celle de nombreux analystes.
La perspective de flux pétroliers importants s'ajoute à celle d'une demande moins importante que précédemment anticipé.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a indiqué mercredi tabler pour 2026 sur une baisse de la consommation mondiale de pétrole de 1,6 million de barils par jour (mb/j) sur un an.
Sa précédente estimation envisageait un recul moindre, à hauteur de 1 mb/j.
Les opérateurs continuent aussi de surveiller les évolutions du côté des produits raffinés.
Les attaques houthies, une frappe de drones sur une raffinerie saoudienne a été revendiquée jeudi, et les frappes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes en mer Noire renchérissent le prix de certains dérivés du brut.
Mais «il est peu probable que des pénuries de produits surviennent à court terme», anticipent les analystes d'Eurasia Group.
AFP



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