Israël a menacé dimanche de frapper à nouveau le Hezbollah au Liban en cas de nouvelle menace, au lendemain de frappes israéliennes ayant fait 11 morts dans le sud du pays, les plus meurtrières depuis la conclusion en juin d'un accord-cadre entre Beyrouth et Israël sous parrainage américain, tandis que de nouvelles frappes nocturnes ont encore visé plusieurs localités du sud.
«Nous réglerons tous nos comptes, dans quelque arène de combat que ce soit. Nous défendrons nos soldats et nos civils avec toute notre puissance», a écrit sur X le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
L'armée israélienne a affirmé que les frappes de samedi répondaient à des tirs de drones explosifs du Hezbollah ayant grièvement blessé trois soldats israéliens à l'intérieur de la «zone de sécurité», terme utilisé par Israël pour désigner une bande frontalière d'une dizaine de kilomètres de profondeur qu'il occupe dans le sud du Liban.
Un second commandant du Hezbollah tué
L'armée israélienne a indiqué dimanche qu'un deuxième commandant du Hezbollah avait été tué dans ces frappes. Abou Hassan Alaaune, présenté comme un haut commandant de l'unité Badr du mouvement chiite pro-iranien et impliqué, selon Israël, dans les tirs de drones explosifs, a été tué samedi.
Elle avait auparavant annoncé la mort d'Ali Samir Al-Haj Hassan, présenté comme un commandant de la Force al-Radwan, l'unité d'élite du Hezbollah.
L'armée israélienne a également affirmé avoir appris après la frappe que la famille d'Ali Samir Al-Haj Hassan «se trouvait avec lui», précisant qu'elle «n'était pas la cible de la frappe».
Le président libanais Joseph Aoun a déploré la mort «d'une famille entière» dans le village d'Ansar, dans le caza de Nabatiyé. Le ministère libanais de la Santé a fait état de trois enfants et deux femmes parmi les personnes tuées.
Une frappe contre une habitation à la périphérie d'Ansar a fait sept tués et trois blessés, selon l'Agence nationale d'information (ANI). La maison a été détruite et les équipes de secours ont poursuivi les recherches dans les décombres.
Une autre frappe israélienne sur Deir al-Zahrani, dans la région de Nabatiyé, a fait quatre tués et cinq blessés, selon la Défense civile.
Le cabinet du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accusé le Hezbollah de placer sciemment des civils en danger, une accusation rejetée par le mouvement chiite.
«Netanyahu, qui fait l'objet de procédures devant la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis à Gaza, préside une nouvelle fois au massacre de civils libanais», a accusé le Hezbollah dans un communiqué.
Nouvelles frappes
Après les frappes meurtrières de samedi, l'armée israélienne a poursuivi dimanche ses opérations dans le sud du Liban.
Elle a bombardé les localités de Mansouri et Majdalzoun, dans le caza de Tyr, après avoir mené plusieurs raids aériens pendant la nuit et à l'aube contre Kfar Remman et Deir Siryan.
Les hauteurs d'Ali al-Taher et d'al-Dabsha ont également été visées par une série de frappes aériennes intenses. Des fusées éclairantes et, selon des sources locales, des bombes au phosphore ont été utilisées contre les hauteurs d'Ali al-Taher et leurs environs.
Les localités de Sejod et de Mansouri ont par ailleurs été visées par des tirs d'artillerie, tandis que plusieurs villages du sud ont été bombardés dans la nuit.
Des drones israéliens ont également survolé les banlieues sud de Beyrouth avant midi.
Accord-cadre
Les frappes de samedi constituent les attaques les plus meurtrières depuis la conclusion en juin d'un accord-cadre sous parrainage américain entre Israël et le Liban.
Cet accord prévoit notamment le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.
Israël affirme que les opérations menées depuis samedi sont une riposte aux attaques du Hezbollah et à une «violation dangereuse de l'accord» par le mouvement, qui aurait attaqué des forces israéliennes à l'intérieur de la zone contrôlée par Israël.
Le Liban avait été entraîné début mars dans le conflit opposant l'Iran à Israël et aux États-Unis, lorsque le Hezbollah avait ciblé Israël en soutien à Téhéran.
Israël avait riposté par d'intenses bombardements au Liban et le déploiement de troupes dans le pays, faisant plus de 4.300 morts selon les autorités libanaises.
Avec AFP



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