Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont revendiqué lundi des frappes contre un navire militaire saoudien et quatre autres bateaux qui l'accompagnaient, sur la mer Rouge, dans le cadre du blocus qu'ils avaient annoncé à l'encontre de la flotte saoudienne.
L'Arabie saoudite, alliée des États-Unis, n'a pas réagi dans l'immédiat à cette annonce.
Les Houthis ont indiqué avoir «réussi à cibler un navire de débarquement militaire appartenant à l'ennemi saoudien, accompagné de quatre vedettes militaires, en mer Rouge au large des côtes de Mokha, avec plusieurs missiles balistiques», selon leur porte-parole militaire, Yahya Saree.
Avant cette annonce, une source au sein des forces loyales au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, avait indiqué à l'AFP que sept missiles avaient visé le détroit de Bab el-Mandeb et, plus au nord, la zone côtière de Mokha.
Un «navire commercial yéménite a été ciblé à Bab el-Mandeb ainsi qu'un camp appartenant aux forces gouvernementales» dans le même secteur, a ajouté cette source, sans donner de détails sur d'éventuels dégâts ou pertes.
Dans un communiqué ultérieur, les rebelles ont annoncé avoir visé avec des drones un dépôt d'armes des forces «ennemies», dans la province riche en pétrole de Marib (centre).
Le mois dernier, la trêve conclue en 2022 entre les Houthis et le gouvernement, soutenu par Ryad, a volé en éclats.
Le conflit a été relancé après des frappes attribuées à Ryad contre l'aéroport de Sanaa, contrôlé par les Houthis, où l'Iran avait envoyé un avion transportant une délégation rebelle sans solliciter d'autorisation du royaume, qui contrôle l'espace aérien yéménite.
La reprise du conflit, débuté en 2014 et qui a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans une grave crise humanitaire, a marqué une nouvelle étape dans l'embrasement au Moyen-Orient consécutif à la guerre entre les États-Unis et l'Iran.
Les Houthis ont depuis frappé à plusieurs reprises des infrastructures et des navires saoudiens, après avoir annoncé un blocus contre le royaume en mer Rouge, devenue un passage vital pour le transport d'hydrocarbures depuis que le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique, est verrouillé par l'Iran.
La semaine dernière, les Houthis ont lancé leurs offensives les plus meurtrières depuis des années au Yémen, tuant 58 membres des forces gouvernementales, principalement dans la province de Marib.
Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a appelé lundi les belligérants au Yémen à «cesser immédiatement» toute offensive, alors qu'une intensification des attaques rebelles risque selon lui de plonger à nouveau le pays dans «un conflit à grande échelle».
Les Houthis contrôlent de vastes pans du Yémen, notamment la capitale Sanaa et des zones frontalières avec les provinces saoudiennes bordant la mer Rouge.
AFP



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