Deux graphistes iraniens sont détenus depuis leur arrestation le 19 juillet à Téhéran après avoir rencontré deux diplomates français, affirment leurs proches, demandant au gouvernement français d'agir pour obtenir leur libération.
Dans un communiqué, les proches d'Aria Kasaei et d'Elahe «Elly» Naghilou expliquent que ces derniers ont été interpellés pendant qu'ils participaient à une réunion avec deux diplomates de l'ambassade de France, qui avaient été eux-mêmes arrêtés avant d'être libérés.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait alors dénoncé «une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens» à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été «molesté». Mais les autorités françaises n'avaient pas évoqué l'arrestation des deux graphistes.
Selon leurs proches, Aria Kasaei, 46 ans, et Elly Naghilou, 36 ans, ont été arrêtés le 19 juillet au cours d'une réunion de travail avec deux représentants du service culturel de l'ambassade de France consacrée à Villa Zadig, un programme de résidences et d'échanges artistiques porté par le service culturel de l'ambassade de France en Iran.
Cette réunion se déroulait au domicile d'Aria Kasaei, à Téhéran. Les deux graphistes travaillaient à la conception de l'identité visuelle de Villa Zadig.
Ils sont depuis détenus, sans avoir eu accès de manière effective à un avocat indépendant, affirment leurs proches, qui avaient jusqu'ici choisi de garder l'affaire confidentielle dans l'espoir d'une libération rapide.
«Deux représentants français ayant été directement témoins d'une partie des événements, nous demandons aux autorités françaises de faire toute la lumière sur les circonstances» de ces arrestations, «d'obtenir des informations précises sur la situation d'Aria et Elly et d'agir pleinement pour garantir leurs droits, leur sécurité et leur libération», écrivent-ils dans un communiqué.
Ils ajoutent que le ministère iranien du Renseignement a affirmé samedi que les deux personnes avaient été arrêtées dans le cadre d'une affaire d'«infiltration» et d'«ingérence» françaises, présentant la réunion comme un «rendez-vous secret».
Ils contestent fermement cette présentation, affirmant que leur travail pour Villa Zadig était public et que les éléments graphiques réalisés avaient notamment été publiés sur les réseaux sociaux du projet et du studio de graphisme cofondé par Aria Kasaei.
Les diplomates avaient quitté l'Iran après leur libération et sont désormais personae non gratae, a fait savoir Téhéran.
Interrogé, le ministère français des Affaires étrangères n'avait pas dans l'immédiat réagi.
AFP



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