Ali al-Taher: scénarios d’un assaut israélien et riposte du Hezbollah

La décision aurait été prise en Israël, aux niveaux politique et militaire, de lancer une offensive imminente contre le site d'Ali al-Taher, où se trouverait un centre de commandement du Hezbollah contrôlant l'ensemble du sud du Liban. C'est du moins ce qu'indiquent, de manière convergente, l'ensemble des informations disponibles.

Le calendrier de l’opération reposerait désormais entre les mains du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, qui chercherait à coordonner son action avec Washington. Ce dernier souhaiterait, par ailleurs, régler ce dossier avant le 27 octobre prochain, date des élections législatives israéliennes.

Trois scénarios seraient actuellement à l’étude côté israélien.

Le premier consisterait à faire sauter l’installation. Une option qui se heurterait toutefois à de sérieux obstacles. En effet, une telle opération exigerait d’importantes quantités d’explosifs, à répartir en plusieurs points, l’infrastructure souterraine s’étendant sur une vaste zone qui déborde largement le seul secteur d’Ali al-Taher.

L'acheminement de ces explosifs jusqu'aux galeries souterraines constituerait en soi une difficulté majeure. Israël pourrait dès lors chercher à provoquer les destructions depuis la surface, ou recourir à des puits relativement profonds, creusés par le génie militaire, afin d'y placer des charges à la profondeur des tunnels visés.

Le deuxième scénario reposerait sur un encerclement progressif de la colline d'Ali al-Taher et de ses environs. Cette manœuvre permettrait à l'armée israélienne de resserrer graduellement l'étau autour de l'installation et de ses occupants, en s'emparant, depuis plusieurs directions, des différents accès aux tunnels. Les hommes retranchés à l'intérieur se retrouveraient alors devant le choix suivant: se rendre, ou demeurer enfermés jusqu'à épuisement de leurs ressources.

Le troisième scénario envisagerait une offensive massive et surprise contre la colline et ses alentours, précédée d'intenses bombardements aériens et d'artillerie visant à neutraliser toute capacité de résistance, avant l'engagement de forces terrestres chargées d'atteindre la colline, de prendre le contrôle des accès aux tunnels et de tenter d'y pénétrer. Le principal dilemme pour l'armée israélienne résiderait alors dans le coût humain d'une telle opération, en particulier le nombre de pertes qu'elle pourrait essuyer durant l'assaut.

Du côté du Hezbollah, les combattants du mouvement, ainsi que les éléments des Gardiens de la révolution iraniens présents à l'intérieur de l'installation, ne sembleraient nullement disposés à se rendre, malgré des conditions de confinement extrêmement difficiles.

Selon les informations disponibles, il serait désormais quasiment impossible de leur faire parvenir eau, nourriture ou matériel médical. Le Hezbollah tenterait, par différents moyens, de leur acheminer le nécessaire, mais ses tentatives auraient jusqu'ici échoué. Le commandement resterait néanmoins informé de leur situation, les communications avec l’intérieur de l’installation demeurant possibles, quoique de manière limitée.

Les éléments retranchés sur place auraient fait savoir à leur commandement que les éléments encore en vie durant l’assaut combattraient jusqu’au dernier souffle.

Ces derniers auraient également reçu l’assurance qu’en cas de déclenchement de la bataille, le Hezbollah n’aurait d’autre choix que d’élargir considérablement l’affront avec Israël, l’objectif étant de desserrer la pression exercée sur l’installation en contraignant l’armée israélienne à engager ses forces sur d'autres fronts, dispersant ainsi ses capacités opérationnelles.

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