Washington a adressé jeudi une ferme mise en garde tant à ses alliés qu'à ses adversaires, affirmant qu'ils avaient tout intérêt à soutenir la pression économique «maximale» appliquée par les États-Unis contre l'Iran, avec pour objectif «la chute» du pouvoir à Téhéran.
Dans une interview accordée à CNBC, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a ainsi affirmé que «nous allons voir (nos alliés) et leur disons: soit vous êtes avec nous, soit contre nous».
«La pression économique signifie que nous allons tous les voir afin de mettre en place le plus fort effort d'isolation économique de l'Histoire», a ajouté M. Bessent, avec la volonté ferme de «mettre fin à ce régime meurtrier».
Mais la mise en garde s'adresse également aux adversaires des États-Unis, et en premier lieu la Chine, que M. Bessent espère voir «se mettre au diapason» si Pékin veut «voir le détroit (d'Ormuz) être rouvert et les prix de l'énergie redescendre».
«Les Chinois achètent 50% de leur énergie aux pays du Golfe. Ce serait donc se rendre à eux-mêmes un grand service» que de soutenir l'isolation économique de l'Iran, a-t-il ajouté.
«Je tiendrai lundi une conférence de presse afin d'expliquer exactement ce que nous comptons mettre en place», a précisé le secrétaire au Trésor, pour qui cette «pression économique maximale» signifie qu'il «ne devrait pas y avoir de reprise (des bombardements) à grande échelle» sur l'Iran.
Pour lui, cette pression va limiter la capacité des Iraniens «à projeter leur puissance via leurs alliés. Cela signifiera qu'ils ne peuvent plus payer leurs soldats, qu'ils seront confrontés à une inflation substantielle».
«Certains disent que ça ne marche jamais. Mais ça marche. Cela a fonctionné sur le Venezuela une fois que l'on a mis le blocus en place et c'est en train de marcher actuellement à Cuba, cela marchera également en Iran et nous allons faire s'effondrer le régime», a conclu Scott Bessent.
La semaine passée, il avait déjà menacé l'Iran d'un isolement économique «comme le monde n'en a jamais vu».
Si les hostilités ont diminué après les frappes israélo-américaines et les répliques iraniennes des premières semaines, la situation reste tendue dans la région, au bout de quasiment six mois de guerre.
Mais l'annonce de cette guerre économique est interprétée par les marchés comme retardant encore un retour à la normale rapide des flux pétroliers dans le détroit d'Ormuz, ce qui pousse de nouveau les cours du pétrole à la hausse.
AFP


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