Le Japon proteste contre des essais de missiles russes prévus au large d'îles disputées
Sur cette photo diffusée par l’agence d’État russe Sputnik, le président russe Vladimir Poutine préside une réunion sur la situation dans la zone de l’« opération militaire spéciale », terme employé par le Kremlin pour désigner l’offensive en Ukraine depuis près de quatre ans, à Moscou le 29 décembre 2025. ©Mikhaïl Metzel / Pool / AFP

Le Japon a indiqué vendredi avoir protesté auprès de la Russie après avoir été informé que Moscou prévoyait de mener des essais de missiles au large d'îles disputées visitées ce mois-ci par le président Vladimir Poutine.

«Nous avons adressé une protestation en réponse à la notification concernant le projet de mener un essai de missile» au large des îles Kouriles, appelées Territoires du Nord par le Japon, a déclaré à l'AFP un porte-parole du gouvernement japonais.

L'agence de presse japonaise Kyodo a cité la flotte russe du Pacifique affirmant qu'elle avait déjà procédé au tir d'essai du missile, même si la date de l'opération n'était pas clairement établie.

Selon Kyodo, la marine russe a indiqué que ce tir d'essai avait été effectué par une unité équipée du système de missiles côtiers Bastion.

Le croiseur lance-missiles Varyag, navire amiral de la flotte du Pacifique, ainsi que le sous-marin nucléaire Omsk ont également participé à l'exercice, a rapporté Kyodo.

L'essai simulait une attaque contre des navires ennemis et a permis d'atteindre avec succès l'ensemble des cibles visées à une distance d'au moins 300 kilomètres, a ajouté la flotte russe, selon Kyodo.

Les relations russo-japonaises sont empoisonnées par un contentieux autour de quatre de ces îles dont s'est emparée l'armée soviétique en 1945, dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale.

Le président russe s'y est rendu pour la première fois la semaine dernière, provoquant la colère du Japon. La Première ministre Sanae Takaichi a déclaré que les îles «font partie intégrante du territoire japonais».

Les deux pays ont convoqué cette semaine les ambassadeurs réciproques à ce sujet.

Les relations entre Tokyo et Moscou se sont dégradées depuis le début du conflit avec l'Ukraine.

Le Japon s'est joint aux autres pays du G7 pour sanctionner la Russie et fournir une aide financière et une assistance militaire non létale à Kiev, qui comme Washington reconnaît la souveraineté japonaise sur les îles contestées.

Le Japon soutient indirectement la défense aérienne de l'Ukraine en exportant vers les Etats-Unis des missiles intercepteurs Patriot produits sur son territoire, contribuant ainsi à reconstituer les stocks américains réduits par l'aide militaire à Kiev.

Si le Japon a assoupli ces dernières années les restrictions sur les exportations d'équipements de défense, il demeure dans l'incapacité de fournir directement du matériel militaire létal à un pays en guerre, y compris à l'Ukraine.

AFP

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