«Flottille pour Gaza»: la Turquie émet un mandat d'arrêt international contre Netanyahou
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’exprime lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 19 mars 2026. ©Ronen Zvulun / AFP

La Turquie a émis un mandat d'arrêt international contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, a annoncé vendredi sur X le ministre turc de la Justice Akin Gurlek, dans le cadre d'une enquête sur l'interception brutale de la «Flottille pour Gaza» en mai.

Un second ressortissant israélien est également visé pour les agissements de l'armée israélienne à Gaza, qu'il a lui-même filmés et postés sur les réseaux sociaux, selon l'agence IHA.

«Dans le cadre de la procédure judiciaire relative à l'attaque en eaux internationales contre les activistes de la Flottille (...) et conformément aux mandats d'arrêt émis le 14 juillet 2026 à l'encontre de Benjamin Netanyahou et Afek Moskovitch pour «génocide», le ministère de la Justice a demandé au ministère de l'Intérieur d'émettre des notices rouges en vue de leur arrestation internationale», a affirmé le ministre turc.

Benjamin Netanyahou et Afek Moskovitch sont poursuivis pour «crimes contre l'humanité, génocide, privation aggravée de liberté, «coups et blessures volontaires», torture, destruction de biens, pillage aggravé et détournement de véhicules de transport», a précisé le ministère.

La justice turque avait déjà émis en novembre 2025 des mandats d'arrêt pour «génocide» contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou et plusieurs responsables israéliens, dénonçant le «génocide et les crimes contre l'humanité perpétrés de manière systématique par l'État israélien à Gaza».

La Turquie, pays parmi les plus critiques de la guerre menée par Israël à Gaza à la suite de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, s'était déjà jointe l'an passé à la procédure pour génocide contre Israël engagée par l'Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice (CIJ).

La «Flottille pour Gaza» avait été interceptée brutalement en mai dans les eaux internationales entre Chypre et les côtes israéliennes.

Les quelque 430 membres d'équipage et passagers à bord d'une cinquantaine de bateaux, arraisonnés par l'armée israélienne en Méditerranée, à l'ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël puis détenus à la prison de Ktziot (sud) avant d'être expulsés et acheminés à Istanbul par la Turquie.

Partis des côtes turques, les militants de la «Global Sumud Flotilla» («sumud» signifie «résilience» en arabe) voulaient attirer l'attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre, en brisant le blocus maritime imposé par Israël. En avril, une précédente «flottille pour Gaza» avait déjà été interceptée par Israël au large de la Grèce.

Le ministre d'extrême droite israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger en publiant une vidéo de militants de la «flottille pour Gaza» agenouillés et les mains liées, après leur arrestation en mer.

Selon l'agence IHA, qui cite l'intégralité du nouvel acte d'accusation, Afek Moskovitch est «un soldat du 71e bataillon blindé» de l'armée israélienne mis en cause pour ses agissements dans le territoire palestinien de Gaza.

«Afek Moskovitch a publié sur son compte Instagram des images montrant huit chars et un bulldozer détruisant l'hôpital et la faculté de médecine de l'Université islamique de Gaza située à proximité».

«La vidéo révèle clairement qu'il s'agissait d'une opération systématique visant non seulement l'hôpital, mais aussi le bâtiment universitaire adjacent», est-il indiqué dans l'acte d'accusation.

AFP

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