États-Unis et Canada tentent de sceller un accord commercial avant l'ultimatum fixé par Trump
Après une publicité controversée de l’Ontario, Donald Trump a ajouté 10% de droits de douane sur les produits canadiens et a refusé toute rencontre avec Mark Carney, alors que le Premier ministre canadien cherche à relancer les négociations au sommet de l’Apec. ©GEOFF ROBINS / AFP

Les États-Unis et le Canada ont entamé vendredi une nouvelle séance de négociations pour tenter de sceller un accord commercial avant minuit, faute de quoi de nouveaux droits de douane punitifs américains entreront en vigueur.

Le ministre canadien en charge des relations entre les deux pays, Dominic Leblanc, est arrivé un peu après midi (16H00 GMT) dans les bureaux du représentant de la Maison Blanche au Commerce, Jamieson Greer. Accompagné de sa délégation, il a refusé de répondre aux questions des journalistes.

M. LeBlanc, qui a passé toute la semaine à Washington pour ces négociations, avait assuré jeudi soir que les deux pays étaient très proches d'un accord.

Le président américain Donald Trump a suspendu mardi soir pour trois jours l'entrée en vigueur de nouveaux droits de douane punitifs de 50% sur une série de produits canadiens afin de permettre aux deux pays de finaliser un accord.

Si aucun accord n'est finalement signé, l'entrée en vigueur de ces droits de douane est désormais fixée à 00H01 samedi (04H01 GMT).

L'immense majorité des produits canadiens est exemptée de droits de douane américains grâce à l'accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM).

Mais les surtaxes imposées par Donald Trump depuis le début de son deuxième mandat en janvier 2025 ont eu un fort impact sur certains secteurs stratégiques pour le Canada comme l'aluminium, l'acier ou l'industrie automobile, étroitement liée au marché américain.

Les détails de l'accord en cours de finalisation entre les deux pays n'ont pas été dévoilés publiquement, mais selon plusieurs médias, les surtaxes sur l'acier ou l'aluminium canadien devraient être abaissées.

«Les deux parties cherchent une porte de sortie et le fait que les États-Unis semblent prêts à offrir des concessions substantielles» pour certains secteurs «accroît considérablement les chances de parvenir à un accord», a déclaré à l'AFP Ryan Majerus, avocat spécialisé en questions commerciales au sein du cabinet King & Spalding.

Fin du boycott des vins américains?

Le gouvernement canadien a demandé de son côté aux autorités provinciales de mettre fin au boycott des vins et spiritueux américains, revendication centrale de Washington qui exige aussi des conditions plus favorables pour ses producteurs laitiers sur le marché canadien.

Mais les dirigeants des provinces, qui détiennent le monopole de la vente d'alcool sur leur territoire et sont les seules compétentes en la matière, sont loin d'être tous convaincus.

Très dépendant économiquement des États-Unis, le Canada s'est retrouvé en première ligne dans la guerre commerciale lancée par Donald Trump, qui a entraîné une nette dégradation des relations entre les deux pays.

Le Premier ministre canadien Mark Carney tente depuis de réduire la dépendance de son pays à l'égard de son grand voisin en cherchant de nouveaux partenaires commerciaux en Asie ou en Europe.

Les États-Unis sont, de très loin, le premier partenaire commercial du Canada, les exportations canadiennes vers ce pays représentant actuellement autour de 70% du total.

AFP

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