Le président iranien veut mettre fin à la guerre, jugeant l'Iran «en position de force»
Cette photo distribuée par la présidence iranienne montre le président iranien Massoud Pezeshkian tenant un mémorandum d’accord portant sa signature et celle du président américain Donald Trump, à Téhéran le 18 juin 2026. ©Iranian Presidency / AFP

Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé vendredi qu'il était temps de mettre fin à la guerre avec les États-Unis, Téhéran étant selon lui «en position de force» face à Washington qui souhaite imposer une nouvelle «guerre économique».

Malgré une récente baisse des hostilités, les tensions dans la région restent vives près de six mois après le début du conflit. Téhéran continue de verrouiller le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce d'hydrocarbures, et les États-Unis maintiennent leur blocus naval contre l'Iran.

«Il vaut mieux mettre fin à la guerre maintenant, alors que nous sommes en position de force», a déclaré Massoud Pezeshkian lors d'une rencontre avec des médecins.

«Le monde entier reconnaît notre victoire et souligne que les États-Unis ont attaqué nos écoles, nos hôpitaux et nos infrastructures en violation de toutes les règles», a-t-il ajouté, «ils sont détestés à travers le monde».

«Terrorisme économique»

Le président iranien a également défendu la conclusion, en juin, d'un protocole d'accord avec les États-Unis visant à trouver une issue au conflit, rejetant les critiques qui voudraient y voir un signe de faiblesse iranienne.

«Ils ne trouveront pas la moindre clause dans cet accord qui indique une capitulation», a-t-il assuré.

Au lendemain de la conclusion de ce protocole d'accord, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait laissé entrevoir des réserves. Et des parlementaires iraniens avaient accusé le gouvernement de faire des concessions aux États-Unis.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé jeudi les États-Unis de «terrorisme économique», après l'annonce par Washington d'un renforcement des sanctions économiques destinées à accentuer la pression sur Téhéran.

«Les auteurs et les instigateurs de ces sanctions méritent d'être jugés et punis pour avoir commis de tels crimes odieux», a affirmé le ministère dans un communiqué.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a promis jeudi que Washington ferait «s'effondrer le régime» iranien avec les nouvelles sanctions, près de six mois après le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran.

«Tout pays qui maintiendrait un lien avec Téhéran précipiterait sa propre économie vers les oubliettes», a-t-il averti.

M. Bessent doit donner lundi une conférence de presse sur la manière dont les États-Unis comptent augmenter encore la pression.

Alors que l'Iran a assuré mardi que le détroit d'Ormuz resterait fermé tant que Washington n'aurait pas rempli ses engagements inscrits dans le protocole d'accord, des médias américains ont fait état d'informations selon lesquelles la marine américaine protège des convois secrets de pétroliers traversant le secteur sud de ce passage, proche des côtes omanaises, permettant ainsi l'exportation de 5 à 10 millions de barils de pétrole par jour.

«Résistance»

Les dernières déclarations américaines illustrent le virage pris par l'administration Trump, qui privilégie désormais la «guerre économique» aux frappes sur l'Iran.

«Si nous appliquons une pression économique maximale, cela signifie qu'il est probable qu'il n'y ait pas de reprise d'opérations militaires à grande échelle», a assuré Scott Bessent.

Sur X, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a fustigé les déclarations américaines, soulignant que les nouvelles mesures étaient «vouées à l'échec».

Washington a appelé d'autres gouvernements, notamment Pékin, à participer aux efforts visant à isoler l'économie iranienne. Mais la Chine, partenaire économique stratégique pour l'Iran, a critiqué cette initiative, estimant que les «sanctions et la pression» américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit au Moyen-Orient.

Les États-Unis ont également annoncé de nouvelles sanctions contre le Hezbollah, allié de Téhéran, en visant 10 personnes faisant partie, selon le Trésor américain, d'un réseau chargé de lui transférer des fonds.

Le mouvement libanais a affirmé vendredi que ces nouvelles sanctions ne le dissuaderont pas de continuer ses actions de «résistance».

Il rejette un protocole d'accord conclu en juin entre le gouvernement libanais et Israël en vue de mettre fin à la guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne, estimant qu'il s'agit d'une «humiliation».

AFP

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