Mazloum Abdi, leur chef, a annoncé mardi soir la dissolution des forces kurdes syriennes qui ont combattu les jihadistes du groupe État islamique, en vertu d'un accord avec le président Ahmad al-Chareh, déterminé à réunifier la Syrie.
«Nous annonçons aujourd’hui la fin de la mission des Forces démocratiques syriennes (FDS) et déclarons, en toute responsabilité, leur dissolution en tant que force militaire indépendante», a affirmé M. Abdi dans un discours en arabe puis en kurde, au palais présidentiel à Damas.
Il avait annoncé jeudi que l'intégration des institutions kurdes civiles, militaires, administratives et sécuritaires au sein de l'État syrien était achevée, près de huit mois après la conclusion d'un accord avec Damas.
M. Abdi a précisé que la dissolution de ses puissantes forces intervenait «après l’accord conclu avec le président Chareh et l’achèvement du processus d’intégration de nos forces au sein des brigades de l’armée syrienne».
Les FDS formées en 2015 à l'initiative de Washington constituaient l'armée de l'administration autonome kurde en Syrie, et avaient combattu les jihadistes de l'EI soutenus par la coalition internationale pilotée par les États-Unis.
À leur apogée, elles comptaient environ 100 000 combattants, Kurdes et Arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.
«Depuis la création des FDS, leurs combattants ont assumé une lourde responsabilité durant l’une des périodes les plus difficiles» pour la Syrie, a fait valoir le chef kurde.
«Ils ont libéré de nombreuses villes et localités syriennes, d’abord du régime baassiste, puis du terrorisme de Daech», a-t-il ajouté, en référence au pouvoir du président déchu Bachar al-Assad et en utilisant la désignation arabe de l'EI.
La dissolution de cette force, longtemps la mieux entraînée et la plus organisée de Syrie, marque, selon les experts, la fin d'une époque pour les Kurdes du pays.
Ces derniers avaient longtemps rêvé d'autonomie avant la chute, en 2024, de Bachar al-Assad, qui a conduit Washington à réorienter son soutien au profit des nouvelles autorités de Damas, favorables aux États-Unis.
«Les circonstances ont changé aujourd’hui et le pays est entré dans une nouvelle phase placée sous le signe de la paix et de la participation», a ajouté M. Abdi.
AFP



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