Washington met sa guerre économique contre Téhéran au cœur du G20 sur son sol
Les délégués arrivent en amont des réunions des adjoints aux ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20, ainsi que des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales, à l'hôtel Capital de Zimbali, à Durban, le 17 juillet 2025. ©Photo by Rajesh Jantilal / AFP

Le ministre américain des Finances va insister auprès de ses homologues pour qu'ils rallient son combat contre l'Iran lors du prochain sommet du G20 aux États-Unis, a annoncé jeudi un responsable gouvernemental.

La première d'une série de réunions sur le sol américain se tiendra lundi et mardi à Asheville (Caroline du Nord), dans un grand complexe hôtelier au pied des Appalaches, non loin du coin de Tennessee qui a vu naître la légende de la country Dolly Parton, décédée cette semaine.

Originaire de la Caroline du Sud voisine, le secrétaire au Trésor Scott Bessent va y recevoir ses pairs et les banquiers centraux des plus grandes économies de la planète (Chine, Inde, Japon, Allemagne...).

Le ministre, dont les bureaux jouxtent la Maison Blanche, s'est très vite imposé comme un responsable clé du second mandat de Donald Trump.

Il est chargé des épineuses négociations commerciales avec la Chine comme de la guerre économique contre l'ennemi iranien, que la puissance militaire américaine n'a pas réussi à faire plier.

En début de semaine, il a lancé un avertissement aux pays continuant à commercer avec l'Iran, menaçant de les couper du système financier occidental.

Membre du G20 et gros acheteur de pétrole iranien, la Chine a réagi en se disant prête à «défendre fermement ses droits et ses intérêts».

Jeudi, un responsable du Trésor a indiqué à la presse que M. Bessent allait marteler son message contre l'Iran lors de chacun des entretiens bilatéraux à Asheville.

«Pas d'unité»

La présidence tournante du G20 est revenue cette année aux États-Unis, qui se sont fâchés avec la plupart des autres membres à coups de droits de douane et de propos incendiaires.

«Puisqu'on est maintenant en guerre commerciale avec le Canada, il n'y pas d'unité du G7 (groupe plus restreint comprenant notamment les États-Unis et son voisin du nord). Et sans unité du G7, il est difficile d'arriver au G20 et de mener des discussions délicates», a estimé auprès de l'AFP Josh Lipsky, chercheur au groupe de réflexion Atlantic Council.

«Je pense que la plupart des pays vont écouter respectueusement (les responsables américains) mais resteront circonspects en raison des enjeux macroéconomiques chez eux comme aux États-Unis», a-t-il ajouté.

M. Bessent a récemment dérouté les investisseurs en annonçant une intervention sur les marchés dans l'optique de faire baisser les coûts d'emprunt à long terme de l'État fédéral, dont la dette monumentale vient de dépasser les 40.000 milliards de dollars.

Le G20 a été créé à la suite de la crise financière asiatique de 1997-1998 afin de renforcer la stabilité économique et financière mondiale. Il comprend 19 pays et deux entités régionales: l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA).

Le président Donald Trump ne veut plus de discussions sur les sujets sociaux et climatiques et prône un «retour aux fondamentaux», axé sur la croissance économique et la résorption des «déséquilibres» commerciaux.

Il a exclu l'Afrique du Sud, d'ordinaire membre permanent du G20, qui avait accueilli les réunions du groupe l'an dernier. L'exécutif américain accuse régulièrement, sans preuves, les autorités sud-africaines de persécuter les fermiers blancs.

Washington a en revanche invité la Pologne à participer à tous les travaux pour couronner la solide expansion économique du pays d'Europe de l'Est.

La Russie, en guerre contre l'Ukraine depuis 2022, sera représentée par un émissaire du ministère des Affaires étrangères.

Le cycle de réunions du G20 s'achèvera par un sommet des chefs d'État mi-décembre en Floride, dans un luxueux complexe de golf appartenant à Donald Trump à Miami.

AFP

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