Joseph Aoun: «Le retour à l’État est la seule voie pour préserver le Liban»
Le président de la République, Joseph Aoun, a affirmé que «les Libanais d’origine arménienne jouent un rôle positif dans la construction du pays». ©Présidence libanaise

À l’occasion de la commémoration de la proclamation du «Grand Liban», le 1ᵉʳ septembre 1920, le président Joseph Aoun a souligné l’importance de cet événement dans la construction de l’identité politique libanaise et dans la formation d’un État réunissant les différentes composantes du pays.

Dans un message publié mardi, le chef de l’État a rappelé que la proclamation du «Grand Liban» avait été suivie par l’adoption de la Constitution et la proclamation de la République en 1926, dont le centenaire est célébré cette année, avant d’être consacrée par l’indépendance et la mise en place des institutions nationales.

Malgré les crises, les conflits et les difficultés qui ont marqué son histoire, le Liban a réussi à préserver son existence et à retrouver progressivement sa place parmi les nations, a estimé M. Aoun.

Selon lui, le principal défi consiste aujourd’hui à mettre fin aux guerres, à préserver la souveraineté du pays et à relancer la construction de l’État et de ses institutions, ainsi que l’activité économique. Cette démarche passe, a-t-il insisté, par le retour de toutes les composantes libanaises sous l’autorité de l’État, seule référence commune à l’ensemble des citoyens.

Le président Aoun a également rappelé que le pacte national constitue un cadre fédérateur permettant de préserver la diversité libanaise dans le respect de l’unité du pays.

«Les Libanais sont épuisés par les micro-États»

Lors d’un entretien avec le patriarche arménien catholique Raphaël Bedros XXI Minassian et une délégation de la communauté arménienne, le président Aoun a salué le rôle joué par les Arméniens du Liban dans la construction nationale. Il a souligné que leur intégration dans la société libanaise avait contribué de manière importante au développement du pays dans différents domaines.

Le chef de l’État a réaffirmé que l’État devait être en mesure de protéger l’ensemble des Libanais, estimant que la population était lasse de l’existence de «micro-États» et d’institutions parallèles. Il a défendu les choix adoptés au nom d’une population «fatiguée par la guerre», pour laquelle l’espoir réside dans l’établissement d’un État fort et capable.

Joseph Aoun a par ailleurs précisé que les autorités n’étaient pas opposées aux partis politiques, mais que ceux-ci devaient contribuer positivement à la construction de l’État plutôt qu’à son affaiblissement.

De son côté, le patriarche Minassian a assuré le président de son soutien et appelé les différentes institutions à poursuivre leurs efforts en faveur de la paix.

Le dossier de la Sécurité sociale

Le président de la République a également reçu le président et les membres du conseil d’administration du Fonds national de sécurité sociale (CNSS), à qui il a rappelé que l’institution devait rester au service de l’ensemble des Libanais, indépendamment de toute considération confessionnelle ou politique.

Il les a appelés à garantir une protection sociale efficace et des services modernes et transparents, tout en veillant à préserver les fonds publics, notamment les indemnités de fin de service des assurés et leur couverture médicale après la retraite.

Joseph Aoun a également fait de la lutte contre la corruption une priorité, estimant qu’elle passe notamment par une justice forte et indépendante ainsi que par la transformation numérique des administrations.

À l’issue de la réunion, le président de la CNSS, Béchara al-Asmar, a indiqué avoir informé le chef de l’État du lancement du nouveau conseil d’administration et de ses projets visant à améliorer les prestations. Parmi les priorités figurent le passage du système d’indemnités de fin de service à un régime de retraite, la reconstitution des droits des personnes ayant quitté leur emploi entre 2019 et 2024, l’élargissement de la couverture de la CNSS à de nouvelles catégories de travailleurs et la poursuite de la numérisation de l’institution.

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