Après la tapisserie de Bayeux, migrants, UE et Ukraine au menu des premiers entretiens Burnham-Macron
Le roi Charles III d'Angleterre (2e à droite) et la reine Camilla d'Angleterre (à droite), aux côtés du président français Emmanuel Macron (3e à gauche) et de son épouse Brigitte Macron (à gauche), ainsi que du Premier ministre britannique Andy Burnham (2e à droite), admirent des pans de la Tapisserie de Bayeux lors d'un événement en avant-première de l'exposition consacrée à la Tapisserie de Bayeux, au British Museum de Londres, le 2 septembre 2026. ©JEANNE ACCORSINI / POOL / AFP

Après une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux, le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron se retrouvent jeudi matin à Londres pour des discussions sur l'immigration, l'Union européenne et la guerre en Ukraine.

Les deux hommes, qui ont admiré mercredi en avant-première avec le roi Charles III la célèbre broderie du XIᵉ siècle, prêtée pour un an par la France, vont se revoir pour un entretien à Downing Street suivi d'un déjeuner.

Le chef de l'État français est le deuxième dirigeant étranger à être reçu par le travailliste Andy Burnham, qui a remplacé Keir Starmer le 20 juillet, après le président ukrainien Volodomyr Zelensky reçu fin juillet.

Interrogé mercredi soir par les journalistes, le Premier ministre britannique a souligné l'importance de continuer à renforcer les liens du Royaume-Uni avec la France et l'UE, en s'appuyant sur «ce qui a été accompli» par son prédécesseur.

«Je pense que, dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler le plus étroitement ensemble», a-t-il déclaré, confirmant qu'un sommet entre l'UE et le Royaume-Uni aurait lieu «plus tard dans l'année».

Il a toutefois souligné qu'il y avait des «sujets difficiles» sur lesquels il espérait «trouver ensemble un moyen de surmonter» les obstacles, citant le soutien de l'UE à l'industrie «made in Europe», qui pourrait selon lui avoir des «répercussions sur l'industrie sidérurgique» britannique.

«Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne», avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

La lutte contre la traversée de la Manche par des migrants sur de petites embarcations est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour «accomplir davantage encore».

Méga-canots

Afin d'empêcher la traversée de «méga-canots», comme celui qui a récemment transporté 230 personnes à son bord, une équipe de 45 personnes doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit «un quasi-triplement» des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street mercredi dans un communiqué.

«Les gangs de passeurs adaptent constamment leurs tactiques et le Royaume-Uni et la France doivent réagir rapidement pour garder un temps d'avance», a insisté Andy Burnham.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à l'approche de l'hiver, à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles. Les Ukrainiens peinent à intercepter les missiles faute de munitions pour leurs systèmes de défense antiaérienne.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires - le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni dirige ensemble avec la France.

Pendant sa visite au British Museum, le président français, qui terminera son mandat en mai 2027, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni pourront «tisser un lien aussi étroit que les fils» de la «broderie millénaire».

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui exprimé «une joie particulière» à la vue de cette œuvre, dont le prêt constitue «un précieux symbole de confiance».

Le couple Macron avait été reçu plus tôt dans l'après-midi par le monarque et son épouse à leur résidence de Clarence House, pour une visite loin des caméras.

L'exposition de la tapisserie de Bayeux, qui illustre la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, ouvrira au public le 10 septembre et jusqu'au 11 juillet 2027.

Elle est arrivée le 10 juillet au British Museum, malgré les objections de certains experts et défenseurs du patrimoine en France, qui redoutaient une dégradation irréversible.

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard, s'est réjouie mi-juillet, à Londres, d'y voir ce joyau presque millénaire «en très bon état».

AFP

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