Crise de Ceuta: la presse marocaine dénonce un rapport «bâclé» de la police espagnole
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez observe après avoir prononcé un discours devant le Congrès des députés sur la gestion par le gouvernement de la situation à Ceuta, enclave espagnole d’Afrique du Nord, après un afflux massif de migrants, à la chambre basse du Parlement, à Madrid, le 3 septembre 2026. ©THOMAS COEX / AFP

«Dénué de preuves», «subjectif», «bâclé»: la presse marocaine étrille vendredi le rapport de la police espagnole qui a pointé la «permissivité» des forces marocaines lors de l'afflux soudain de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave de Ceuta fin juillet.

Ce texte, qui a fuité dans la presse et que l'AFP a pu consulter, met dans l'embarras l'exécutif espagnol qui a toujours exonéré le royaume. Le Premier ministre Pedro Sanchez a de nouveau assuré jeudi n'avoir «aucune preuve» de l'implication du Maroc dans l'arrivée des migrants, une position critiquée par de nombreux membres de l'opposition espagnole.

«Si ces preuves solides existaient, nous agirions en conséquence, avec toute la fermeté que la situation exige», a-t-il déclaré.

Alors que les autorités marocaines n'ont toujours pas officiellement réagi au rapport, attribué à des enquêteurs du Centre national de l'immigration et des frontières (CENIF), le site Hespress voit dans le texte une «construction narrative particulièrement fragile, dépourvue de preuves matérielles et truffée de contradictions flagrantes».

Selon Hespress, le document cherchait «manifestement» à faire du Maroc «le bouc-émissaire de règlements de comptes politiques et judiciaires strictement ibériques».

Le rapport, qui a évoqué un «déploiement sensiblement plus réduit que d'ordinaire» des policiers marocains, a alimenté les interrogations sur la responsabilité du Maroc dans cette crise sans précédent.

Le Desk, média marocain en ligne, dénonce pour sa part un «document bâclé», pointant plusieurs erreurs factuelles, dont une référence au «30 juin» au lieu du 30 juillet.

Il affirme par ailleurs que les termes « État » et «gouvernement marocain» n'apparaissent pas dans le rapport lorsqu'il est question des responsabilités.

L'hebdomadaire généraliste TelQuel abonde en soulignant que, contrairement à ce qu'ont indiqué plusieurs médias, le rapport n'attribue pas la «planification et l'exécution» de l'afflux au Maroc et ne désigne aucun responsable.

Le site d'informations Médias24 juge pour sa part «nécessaire» de «jeter un regard marocain» sur ce rapport largement commenté en Espagne, en particulier par des médias aux positions selon lui «hostiles au Maroc». Il conteste notamment l'emploi du terme «permissivité», estimant qu'il repose sur «une image satellite qui est évidemment un simple instantané».

Début août, un très haut responsable marocain avait affirmé à l'AFP sous le couvert de l'anonymat qu'il n'y avait pas eu de défaillance du dispositif sécuritaire marocain.

AFP

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