«Les institutions financières continuent de découvrir à leurs dépens que nous prenons l’opération “Economic Outcast” très au sérieux», a déclaré vendredi le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, après l’imposition de nouvelles sanctions contre une banque turque accusée de faciliter les opérations financières du régime iranien.
Dans le cadre de cette opération, le département du Trésor américain a placé sur sa liste noire Golden Global Yatirim Bankasi Anonim Sirketi, connue sous le nom de Golden Global Bank, ainsi que deux de ses filiales basées en Turquie. Washington accuse la banque d’avoir facilité des transactions représentant plusieurs dizaines de millions de dollars pour le compte de la Force al-Qods des Gardiens de la révolution islamique (IRGC-QF).
Selon le Trésor américain, Golden Global Bank aurait également fourni à des institutions financières iraniennes un accès essentiel aux services bancaires correspondants, leur permettant de transférer des fonds à l’international et notamment d’accéder au système financier en dollars.
Un réseau financier au service de Téhéran
Washington affirme que Golden Global Bank a été créée notamment pour permettre au réseau financier iranien «rahbar» de transférer vers la Turquie des revenus issus de la vente de pétrole à la Chine. Ces fonds pouvaient ensuite être convertis en espèces et en or par des changeurs liés à ce réseau.
La banque aurait également proposé des services bancaires correspondants à des institutions financières iraniennes, facilitant des transactions via des comptes contrôlés par la Force al-Qods et ses réseaux affiliés.
Le Trésor américain cite notamment le réseau de l’homme d’affaires turc Sitki Ayan, sanctionné par l’OFAC en 2022 pour avoir participé au transfert de centaines de millions de dollars liés aux ventes de pétrole de la Force al-Qods.
Golden Global Bank a été sanctionnée en vertu du décret présidentiel 13902, qui vise notamment certains secteurs de l’économie iranienne, dont le secteur financier.
Ses deux filiales, Golden Global Varlik Kiralama Anonim Sirketi, basée à Istanbul, et Golden Global Portfoy Yonetimi Anonim Sirketi, sont également visées par les sanctions américaines en raison de leur lien de propriété ou de contrôle avec Golden Global Bank.
Washington veut couper l’accès au dollar
Le département du Trésor affirme que l’opération «Economic Outcast», annoncée par Scott Bessent le 24 août, vise à démanteler les réseaux financiers qui permettent au régime iranien de contourner les sanctions, de transférer ses revenus à l’étranger et de financer ses activités.
Washington affirme avoir identifié les réseaux, intermédiaires et circuits financiers utilisés par l’Iran pour contourner les sanctions, notamment dans le cadre du commerce pétrolier. Les États-Unis disent agir avec leurs partenaires, notamment l’Union européenne, le Royaume-Uni et les pays du Golfe, pour cibler les sources de revenus considérées comme illicites.
L’opération doit également accroître les risques pour les institutions qui continuent de faire affaire avec l’Iran. Le Trésor américain prévient que toute entité facilitant le blanchiment d’argent ou le contournement des sanctions au profit de Téhéran risque d’être exclue du système financier américain.
Bessent avertit les banques
«Nous espérons qu’aucune autre banque ne devra être sanctionnée. Cela dépend toutefois de la rapidité avec laquelle la communauté internationale prendra conscience de la situation et cessera de soutenir le régime iranien meurtrier», a déclaré Scott Bessent.
«Nous savons qui vous êtes, nous savons où vous êtes et nous continuerons d’agir avec nos alliés et partenaires jusqu’à ce que nous ayons enterré la tête du serpent iranien», a-t-il ajouté.
Le Trésor américain rappelle que les personnes et entités sanctionnées voient leurs avoirs et intérêts dans des biens relevant de la juridiction américaine bloqués. Les transactions effectuées par des ressortissants américains ou transitant par les États-Unis avec les entités visées sont généralement interdites, sauf autorisation spécifique.
Les institutions financières étrangères qui réaliseraient certaines transactions importantes au profit des entités sanctionnées s’exposent également à des sanctions secondaires, notamment à des restrictions concernant leur accès aux comptes bancaires correspondants aux États-Unis.
Pour Washington, l’objectif de ces mesures n’est pas seulement de sanctionner les acteurs concernés, mais de priver progressivement le régime iranien des réseaux financiers lui permettant de générer des revenus, de transférer des fonds à l’étranger et de soutenir ses activités régionales.



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