La chaîne de télévision Almasirah, affiliée aux Houthis, a fait état dimanche de deux frappes et de tirs d'artillerie dans trois districts de la province yéménite de Saada, frontalière de l'Arabie saoudite et fief des combattants antigouvernementaux pro-iraniens.
«L'aviation saoudienne a mené deux frappes contre les districts de Sahar et de Baqim», a indiqué la chaîne, qui avait quelques minutes plus tôt signalé des «tirs d'artillerie» dans le district frontalier de Monabbih.
L'Arabie saoudite, qui soutient les forces gouvernementales yéménites face à l'offensive éclair des combattants pro-iraniens, a émis dimanche une brève alerte face à un risque d'attaques dans deux régions du sud près du Yémen, déjà visées cette semaine par les Houthis.
Les alertes, qui concernaient la ville d'Abha et la région proche de Khamis Mushait, ont été levées rapidement, selon la Défense civile.
Plus tôt dimanche, les Houthis avaient revendiqué avoir visé une base militaire en Arabie saoudite.
Cette attaque a ciblé «des dépôts d'armes ainsi que des centres de commandement et de contrôle d'où est dirigée l'agression contre notre nation et notre peuple, sur la base militaire de Sharurah», près de la frontière avec le Yémen, a déclaré sur X le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree.
Samedi soir, la Défense civile saoudienne avait fait état de deux blessés à la suite de la chute d'un projectile tiré par les Houthis dans la région de Jizan, également frontalière.
Les Houthis, qui avaient annoncé en juillet un blocus maritime contre l'Arabie saoudite et visé ses pétroliers, ont lancé une attaque d'ampleur cette semaine contre le royaume, alors que les forces gouvernementales du Yémen ont subi d'importants revers ces derniers jours.
Les combattants pro-iraniens, qui contrôlaient jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa, et Hodeida (ouest), ont progressé sur la côte en quelques jours, s'emparant jeudi de la ville portuaire de Mokha.
Ils ont ensuite pris le contrôle du reste de la côte et des îles en mer Rouge, consolidant le lendemain leur emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, par lequel passe le trafic maritime à destination et en provenance du canal de Suez.
Les combats de ces dernières semaines dans l'ouest du Yémen ont fait des centaines de morts et ont provoqué le déplacement de près de 86 000 personnes, soit 10 000 de plus que la veille, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui a aussi affirmé que plus de 2 000 de ces déplacés ont fui le pays par bateau depuis jeudi soir, vers Djibouti.
Après des années d'accalmie, le Yémen a replongé dans la guerre en juillet, entraîné dans le conflit régional déclenché fin février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
AFP