Le président Volodymyr Zelensky a affirmé lundi que l'Ukraine était prête à prendre des «mesures de désescalade» si la Russie en faisait de même, sans confirmer l'affirmation de Donald Trump selon laquelle Moscou et Kiev ont accepté de ne plus frapper d'infrastructures énergétiques.
M. Trump, qui mène depuis son retour au pouvoir des efforts de médiation pour mettre un terme à la guerre en Ukraine, a assuré que Kiev «a accepté de ne pas attaquer des cibles énergétiques russes» et que Moscou «a accepté de faire de même», un jour après s'en être pris à l'Ukraine pour ses attaques contre des raffineries de pétrole russes.
«Si nos partenaires américains parviennent à obtenir de la Russie une réelle volonté de mettre fin à cette guerre qui détruit des vies, et de le faire sincèrement et durablement, l'Ukraine prendra ses propres mesures de désescalade», a déclaré M. Zelensky dans son allocution quotidienne diffusée sur les réseaux sociaux.
«Les États-Unis ont présenté une proposition ferme concernant un arrêt mutuel des frappes contre les infrastructures critiques. Et si cela peut constituer la première étape vers une désescalade (...) alors l'Ukraine est prête à soutenir cette désescalade», a-t-il indiqué.
Le Kremlin n'a pas réagi dans l'immédiat à ces affirmations.
La Russie et l'Ukraine sont engagées depuis des mois dans une nette escalade des frappes à longue distance, visant un nombre croissant de sites civils tels que des usines, entrepôts, infrastructures énergétiques, portuaires et navires en mer Noire.
Ces attaques, qui font de nombreuses victimes civiles, ont provoqué une crise du carburant et porté un coup aux géants du e-commerce Wildberries et Ozon en Russie. En Ukraine, elles ont mis à l'arrêt une grande partie des exportations agricoles et durement touché les secteurs de la métallurgie et de la grande distribution.
«Campagne ininterrompue»
Les frappes russes se multiplient également contre le réseau ferroviaire ukrainien, a révélé lundi à l'AFP le patron de la société gestionnaire des chemins de fer, au lendemain d'une frappe ayant touché un train près de la frontière polonaise.
«Une campagne de frappes pratiquement ininterrompue contre le réseau ferroviaire a commencé», a averti Oleksandre Pertsovsky, PDG d'Ukrzaliznytsia, en soulignant que les attaques «s'intensifient de manière exponentielle» et que «chaque mois, chaque semaine est généralement pire que la précédente».
Faute de liaisons aériennes, à l'arrêt depuis le début de la guerre en 2022, le train est un maillon essentiel en Ukraine, utilisé tant par les civils et les diplomates étrangers que par les soldats, pour déplacer du matériel militaire ou des cargaisons de marchandises.
Dimanche, en Irlande, le président américain avait lui directement interpellé Volodymyr Zelensky, l'appelant à «arrêter» d'attaquer les raffineries de pétrole en Russie, face à l'envolée des prix à la pompe.
«La hausse du prix du diesel dans le monde est principalement causée par la guerre entre la Russie et l'Ukraine, et non par l'Iran», a-t-il assuré malgré le fait que le conflit au Moyen-Orient se traduit aussi par une hausse des prix à la pompe.
La Russie, qui est l'un des principaux exportateurs mondiaux de pétrole, frappe de son côté de nombreuses stations-services en Ukraine.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a justifié dimanche l'intensification des attaques russes, accusant Kiev d'être à l'origine de cette escalade.
«La Russie ne frappait pas tout ce qui bouge (auparavant). Elle n'a commencé à le faire qu'après que les Ukrainiens ont eux-mêmes ouvert la boîte de Pandore», a-t-il affirmé.
Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner s'étaient rendus il y a deux semaines à Moscou et à Kiev pour relancer des efforts diplomatiques à l'arrêt depuis le début de l'année.
M. Zelensky, qui prévoit de rencontrer M. Trump fin septembre à New York, a dit compter sur une reprise des pourparlers directs avec la Russie dès ce mois-ci, après les législatives russes du 18-20. Le Kremlin a dit ne pas exclure une réunion au mois d'octobre.
AFP