Les cours du pétrole montent mardi, le marché s'inquiétant des hostilités entre rebelles houthis du Yémen et l'Arabie saoudite, et se montrant prudent face aux annonces de Donald Trump sur l'arrêt des frappes sur des cibles énergétiques entre l'Ukraine et la Russie.

Vers 09H30 GMT (11H30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, prenait 2,44%, à 108,26 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, gagnait 2,67%, à 104,10 dollars.

L'Arabie saoudite a promis mardi de riposter avec «fermeté» après de nouvelles attaques des Houthis pro-iraniens du Yémen contre son territoire.

Le mouvement houthi a infligé ces derniers jours d'importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, visant des infrastructures pétrolières du royaume et renforçant au terme d'une offensive éclair son emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb.

Ce passage maritime permet de relier l'Europe à l'Asie par la mer Rouge et est devenu particulièrement stratégique pour Riyad afin de contourner le détroit d'Ormuz, de l'autre côté du Golfe, dont la navigation est bloquée par l'Iran.

Par ailleurs, «de nombreuses incertitudes subsistent quant à l'ampleur des dégâts et à la durée de l'interruption de l'oléoduc Est-Ouest en Arabie saoudite», touché avant le week-end par des attaques attribuées à des drones venant d'Irak et qui permet justement d'acheminer une part importante du pétrole saoudien vers Yanbu sur la mer Rouge, soulignent les analystes d'ING.

Selon eux, les exportations peuvent continuer plusieurs jours grâce aux réserves du port, mais «d'après certaines informations, l'oléoduc pourrait rester hors service pendant plusieurs semaines».

Conséquence, les tensions sur le marché du brut font grimper les prix, et notamment ceux des produits raffinés, comme les carburants.

Le diesel bat record sur record à la pompe aux États-Unis et s'affichait mardi à 6,27 dollars le gallon, un plus haut historique, selon l'Association automobile américaine (AAA).

L'enjeu est de taille avant les élections législatives de mi-mandat prévues en novembre aux États-Unis.

Un jour après s'en être pris à Kiev pour ses attaques contre des raffineries de diesel russes, estimant que c'était surtout cela et non la guerre au Moyen-Orient qui faisait monter le cours du diesel, Donald Trump a affirmé lundi que l'Ukraine et la Russie s'étaient engagées à ne plus frapper les infrastructures énergétiques adverses.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit lundi que l'Ukraine était prête à prendre des «mesures de désescalade» si la Russie faisait de même, sans confirmer l'affirmation du président américain.

Un arrêt de ces attaques «aiderait à rééquilibrer le marché du diesel, mais la pénurie de produits raffinés en provenance du Moyen-Orient est de loin le facteur le plus important» dans la hausse des cours, estime Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

AFP