Le Pakistan défendra «jusqu'au bout» son allié l'Arabie saoudite, a déclaré le porte-parole de l'armée pakistanaise, alors que le royaume fait face à une intensification des attaques des rebelles Houthis pro-iraniens du Yémen.

Cette semaine, les forces houthies ont fait état de nouvelles frappes aériennes saoudiennes, tandis que Ryad a accusé le groupe d'avoir lancé une attaque «lâche» visant La Mecque, la ville sainte de l'islam, provoquant une vague d'indignation dans l'ensemble du monde musulman.

Dans une interview accordée jeudi à Arab News, le porte-parole des forces armées pakistanaise, Ahmed Sharif Chaudhry, a affirmé que son pays soutiendrait l'Arabie saoudite «tant sur le plan diplomatique que physique».

«Nous irons jusqu'au bout pour la sécurité des (deux sanctuaires saints) et du Royaume d'Arabie saoudite», a-t-il déclaré.

Le mois dernier, le Pakistan, l'Arabie saoudite et la Turquie ont signé l'accord de défense conjointe dit de La Mecque, les engageant à une défense mutuelle en cas d'attaque contre l'une d'elles.

Ce pacte intervient dans un contexte de guerre entre les États-Unis et l'Iran, ainsi que d'attaques dans la région menées par les Houthis soutenus par Téhéran.

La Turquie conserve pour l'heure une attitude plus prudente. «Nous n'avons reçu aucune demande officielle de l'Arabie saoudite» en terme d'aide militaire, a indiqué à l'AFP une source diplomatique turque à Ankara.

«Je pense que tout le monde dans cette région a suffisamment d'expérience pour savoir qu'aller quelque part et bombarder des gens et des camions-citernes ne produit pas nécessairement de résultats», a-t-il ajouté.

«Même pendant la guerre à Gaza, nous avons vu qu'un État, en utilisant tous les moyens de violence possible, n'a pas pu vaincre un ensemble de civils et de groupes armés».

Interrogé sur le rôle à l'avenir de l'accord de la Mecque sur ce genre de crise, il a relevé que «l'Otan ne s'était pas fait en un jour» et que les armées des trois pays devaient notamment apprendre à coordonner leurs opérations militaires.

«Il ne s'agit pas seulement de l'Arabie saoudite et de ses alliés envoyant quelques chasseurs au Yémen», a-t-il fait valoir. «Les questions sur l'avenir de l'alliance de La Mecque n'ont en fait rien à voir avec l'avenir du Yémen ou des Houthis.

AFP