Le président du parti d'extrême droite Reconquête, Éric Zemmour, a annoncé jeudi qu'il serait candidat à l'élection présidentielle de 2027, promettant de sévir contre l'immigration, et prônant l'expulsion des chômeurs de longue durée, y compris en situation régulière.

«Je serai candidat à l'élection présidentielle», a déclaré jeudi soir sur la chaîne BFMTV l'ancien journaliste de 68 ans, arrivé en quatrième position lors du précédent scrutin de 2022 (7,07%). Il ne s'agit cependant pas d'une déclaration formelle de candidature qui, selon son entourage, devrait intervenir cet automne.

Éric Zemmour, adepte du principe de «remigration», c'est-à-dire l'expulsion des étrangers et pas seulement l'arrêt de l'immigration, a fixé à un an la durée de chômage après laquelle un étranger, même en situation régulière, devrait être contraint de quitter la France.

Il a ainsi dressé une liste des catégories d'étrangers qui, selon lui, devraient être expulsés.

«Il faut renvoyer tous les étrangers qui sont dans les prisons françaises. Ça fait 25% des prisons», a-t-il déclaré. «Il faut renvoyer tous les délinquants étrangers, même ceux qui ne sont pas en prison», a-t-il poursuivi, citant des personnes purgeant une peine sous bracelet électronique ou soumises à des travaux d'intérêt général.

«Il faut également renvoyer, c'est une évidence, les clandestins. Il faut également renvoyer les chômeurs de longue durée, et tous ceux qui vivent uniquement des aides sociales», a-t-il ajouté.

Ses propos au sujet du footballeur Kylian Mbappé, qu'il a accusé de «solidarité islamique» avec les migrants à Ceuta, ont suscité l'indignation à gauche, une députée écologiste ayant saisi vendredi le régulateur de l'audiovisuel.

«Durant plusieurs heures» à la télévision, «Éric Zemmour a enchaîné des propos racistes et xénophobes, sans modération significative de la part des journalistes», explique la députée Léa Balage El Mariky dans sa saisine de l'Arcom, transmise à l'AFP.

Éric Zemmour devra notamment affronter Marine Le Pen, figure emblématique de l'extrême droite et candidate du parti Rassemblement national, donnée largement en tête du premier tour qui se tiendra le 18 avril. En juillet, la justice a réduit la peine d'inéligibilité qui la frappait à la suite d'une condamnation pour détournement de fonds publics.

D'après un sondage publié ce week-end, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe pourrait atteindre le second tour face à Mme Le Pen, à condition que son rival centriste Gabriel Attal se retire.

Dans le cas contraire, c'est le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon qui affronterait Marine Le Pen, selon cette vaste enquête menée auprès de 13.000 électeurs.

AFP