Les Houthis du Yémen ont fait état vendredi de nouvelles frappes saoudiennes dans l'ouest du pays, où les hostilités se sont intensifiées depuis début septembre entre ces combattants pro-iraniens et les forces gouvernementales soutenues par Ryad.
26 frappes sur la province de Taëz
«L'armée de l'air saoudienne a mené 26 frappes visant la province de Taëz, à l'aide d'appareils F-15 ayant décollé de la base aérienne de Khamis Mushait», portant à quelque 300 le nombre de raids cette semaine, a déclaré le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, dans un communiqué.
Le mouvement, qui contrôlait jusque-là une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa ainsi que la cité portuaire de Hodeida, a lancé début septembre une offensive éclair.
Les Houthis contrôlent désormais tout le littoral yéménite sur la mer Rouge, et ont ainsi renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.
Depuis, les Houthis signalent tous les jours des dizaines de frappes de riposte menées par Riyad.
Un trafic maritime réduit
L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, est en première ligne: depuis le 11 septembre, seulement cinq navires portant des produits saoudiens ont quitté la mer Rouge via ce passage maritime, soit un tiers du trafic hebdomadaire habituel enregistré depuis janvier, selon les données de la plateforme Kpler.
Une guerre déclenchée en 2014
La guerre a éclaté en 2014 quand les Houthis ont pris le contrôle de la capitale Sanaa puis d'autres régions, déclenchant en mars 2015 une intervention militaire menée par l'Arabie saoudite.
La trêve fragile conclue en 2022 entre les belligérants a volé en éclats en juillet, lorsque les combattants pro-iraniens ont défié le contrôle de Ryad sur l'espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen.
Au moins 112.000 personnes ont été déplacées au Yémen et près de 3.000 autres se sont réfugiées à Djibouti depuis la reprise des combats début septembre dans ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique, selon les derniers chiffres de l'ONU.
AFP