Le Produit intérieur brut (PIB) de l'Iran s'est fortement contracté entre fin mars et fin juin, quand le pays était bombardé par Israël et les États-Unis, selon des chiffres officiels publiés dimanche.

Sur cette période qui correspond au premier trimestre du calendrier persan, le PIB a baissé de 10,1% sur un an en incluant le secteur pétrolier, selon le Centre des statistiques, un organisme officiel, alors que l'économie du pays repose principalement sur les exportations d'hydrocarbures.

L'Iran a été attaqué le 28 février par Israël et les États-Unis, avant qu'un cessez-le-feu n'entre en vigueur en avril après 40 jours de bombardements.

Téhéran et Washington ont ensuite signé en juin un protocole d'accord pour mettre fin au conflit, mais les hostilités ont rapidement repris, les deux belligérants s'accusant mutuellement de violer le texte.

Au cœur du conflit, le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre environ 20% du pétrole mondial, dont l'Iran revendique le contrôle.

En retour, les États-Unis ont réimposé un blocus des ports iraniens, ce qui pénalise lourdement les exportations de pétrole de l'Iran, déjà compliquées en raison de sanctions internationales.

Durant le précédent blocus américain, d'avril à juin, le pays n'avait pas pu exporter «un seul baril de pétrole», avait affirmé le négociateur en chef iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'économie est pénalisée depuis des années par une hyperinflation chronique et une forte dépréciation de la monnaie nationale, le rial, résultat notamment de ces sanctions.

La guerre a encore exacerbé ce phénomène, qui érode rapidement le pouvoir d'achat des Iraniens.

L'inflation a progressé en août de 69,9% sur un an, selon un chiffre officiel loin de refléter les fortes variations, notamment des produits alimentaires.

La monnaie iranienne ne cesse pour sa part de perdre de la valeur face aux devises étrangères. Un dollar s'échangeait dimanche contre environ 2,3 millions de rials, selon des sites de suivi des changes au marché noir.

Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une contraction de 5,4% du PIB en Iran cette année, selon ses dernières prévisions publiées en juillet.

AFP