Le président chinois Xi Jinping s'est envolé mercredi après-midi pour les États-Unis et un sommet avec Donald Trump au cours duquel les deux dirigeants devraient chercher à prolonger la désescalade entre les deux puissances.

M. Xi s'est envolé à bord d'un avion spécial en compagnie de son épouse Peng Liyuan, du ministre des Affaires étrangères Wang Yi et de Cai Qi, membre du Comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois, parmi d'autres, a précisé la télévision d'État CCTV.

Il est attendu à destination mercredi soir, heure de Washington.

Le commerce et l'intelligence artificielle sont annoncés comme figurant en haut de l'agenda pendant son séjour. Ce ne sont que deux des multiples sujets de discorde sino-américains, avec leurs retombées globales: guerres contre l'Iran et en Ukraine, Taïwan, rivalité technologique, livraison de semi-conducteurs...

Un avion commercial d'une compagnie iranienne s'est posé mercredi en Chine, malgré la menace américaine de sévir contre quiconque contribuerait aux opérations des compagnies iraniennes: ce sujet sera-t-il abordé?

Entre l'arrivée de M. Xi mercredi soir et son départ vendredi, MM. Trump et Xi devraient s'efforcer de donner l'image la plus positive possible d'une coexistence entre deux rivaux stratégiques aux intérêts antagonistes, anticipent les experts.

Les résultats d'un sommet scruté de toutes parts pourraient être plus limités, disent-ils.

Il s'agira de la première visite de M. Xi à la Maison Blanche depuis plus de dix ans. Mais ce sera la troisième rencontre depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche en janvier 2025.

«Maintenir la trêve»

États-Unis et Chine se sont livrés l'an dernier une guerre commerciale ouverte aux conséquences mondiales. MM. Trump et Xi se sont accordés sur une trêve en octobre 2025 à Busan (Corée du Sud). Ils l'ont consolidée lors d'une visite de M. Trump à Pékin en mai.

«Chacun veut maintenir la trêve commerciale (...) par laquelle les États-Unis s'engageaient à ne pas imposer de nouveaux droits de douane à la Chine, en échange de l'engagement de cette dernière à permettre l'approvisionnement des États-Unis et d'autres consommateurs en terres rares et en minéraux critiques», dit Edgard D. Kagan pour le Centre pour les études stratégiques et internationales.

M. Xi a pris la route des États-Unis en quête de la «stabilité stratégique» déjà évoquée en mai, dit Pékin. États-Unis et Chine traiteront à Washington d'égal à égal, soulignent les experts.

Ils s'attendent à plus d'effet d'optique que de substance au cours d'un sommet au format sensiblement similaire à celui de mai.

M. Xi avait déroulé le tapis rouge à son hôte. M. Trump devrait faire à M. Xi l'honneur rare de l'accueillir à sa descente d'avion. Il fera étalage de l'apparat américain jeudi matin lors d'une cérémonie d'accueil à la Maison Blanche, avec déploiement de 479 militaires de tous les corps d'armée et survol par un bombardier furtif B-2 et quatre jets F-22 Raptors.

M. Trump donnera un dîner d'État jeudi soir. Lui et la Première dame Melania Trump recevront Xi Jinping et son épouse vendredi autour d'un thé et iront visiter avec eux les Archives nationales.

Ce faste ne fera pas disparaître les contentieux. Entre janvier et août 2026, la Chine a continué à accumuler un excédent commercial de près de 200 milliards de dollars avec les États-Unis, 14 milliards de plus qu'en 2025 à la même époque, selon les données chinoises.

Affichage

États-Unis et Chine se livrent une âpre compétition sur l'intelligence artificielle. Les États-Unis ont suggéré avant le sommet la création d'un «mécanisme de notification» réciproque, face au risque de perte de contrôle. Les analystes soulignent cependant combien, dans ce domaine aussi, les visions et les intérêts divergent.

La Chine, affectée par la guerre au Moyen-Orient, n'a donné aucun signe d'être prête à reconsidérer son partenariat économique et politique, primordial pour l'Iran. Le Wall Street Journal a rapporté que des entités chinoises avaient fourni à l'Iran des images satellitaires d'une base en Jordanie où trois soldats américains ont été tués par des missiles iraniens.

Malgré l'affichage de décrispation, Chine et États-Unis ont continué à s'infliger des mesures de rétorsion. M. Trump a promulgué la semaine passée un texte lui conférant le pouvoir d'imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu'à 100% sur cinq importateurs de gaz et de pétrole russes, dont la Chine.

Taïwan demeure une ligne de fracture entre Pékin et Washington.

Dans ce contexte, les analystes s'attendent à une extension de la trêve commerciale, à un possible accord sur une réduction de droits de douane à hauteur de 30 milliards de dollars de part et d'autre et à l'annonce de commandes chinoises de produits agricoles.

M. Trump pourrait revendiquer de telles commandes auprès d'une composante importante de sa base. La situation du président américain, contrarié au Moyen-Orient, impopulaire aux États-Unis, allant en novembre au-devant d'élections parlementaires délicates, n'échappe pas aux dirigeants chinois.

AFP