Le Premier ministre Nawaf Salam a appelé mercredi les partenaires internationaux du Liban à renforcer les capacités de l’État plutôt qu’à créer des structures parallèles, afin d’accompagner simultanément l’aide humanitaire, le retour des déplacés, le redressement et la reconstruction.

Il s’exprimait à New York lors d’une réunion de haut niveau intitulée Moving Beyond Crisis («Au-delà des crises»), organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à l’initiative du Liban, de l’Union européenne et du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

Nawaf Salam a coprésidé la rencontre avec la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, et l’administrateur du Pnud, Alexander De Croo. Des responsables de l’Unicef, de la Banque mondiale, de plusieurs États et d’institutions financières et internationales y ont également participé.

Aide humanitaire et reconstruction en parallèle

La réunion a porté sur l’élaboration d’une approche internationale plus efficace face aux crises prolongées, à partir de l’expérience libanaise durant la guerre dans le Sud.

«Pour le Liban, passer au-delà de la crise n’est pas un concept théorique, mais une réalité que nous vivons aujourd’hui et dont les enseignements dépassent les frontières de notre pays», a déclaré Nawaf Salam à l’ouverture de la rencontre.

Il a estimé que les crises contemporaines, plus longues, répétitives et imbriquées, ne permettaient plus de traiter successivement l’aide d’urgence, le retour des déplacés, le redressement puis la reconstruction.

«Dans le contexte de la guerre dans le Sud, nous continuons d’aider les familles déplacées, tout en soutenant la résilience des habitants, leur retour dans leurs villes et villages, la remise en état des écoles, des réseaux d’eau et d’électricité et des routes, ainsi que le rétablissement des moyens de subsistance», a-t-il expliqué.

Selon lui, «dans les crises prolongées, l’aide, le retour, le redressement et la reconstruction ne peuvent être considérés comme des étapes séparées: ils doivent avancer parallèlement et se compléter».

«L’intégration, pas la substitution»

Le Premier ministre a défendu une réponse nationale conduite par l’État libanais et soutenue par les partenaires étrangers, les organisations non gouvernementales et la société civile.

«Durant la crise de 2026, nous avons cherché à adopter une approche fondée sur le renforcement du rôle de l’État et de ses institutions, et non sur la création de systèmes parallèles», a-t-il indiqué.

«Le principe était simple: l’intégration, pas la substitution. Une réponse nationale menée par l’État libanais et soutenue par ses partenaires», a insisté Nawaf Salam.

Il a précisé que le Liban ne demandait pas à ses partenaires de réduire leur engagement, mais de rendre leur soutien «plus efficace et plus durable» en consolidant les institutions publiques et en aidant les habitants des régions sinistrées, particulièrement dans le Sud, à rentrer chez eux.

Des financements plus souples

Nawaf Salam a également plaidé pour des mécanismes de financement plus souples, capables d’éviter une interruption entre l’aide d’urgence et le financement du redressement.

«Le financement d’urgence ne peut prendre fin pour laisser ensuite place à des mois ou à des années d’attente avant l’arrivée des fonds destinés au redressement», a-t-il averti.

Ces outils doivent, selon lui, permettre de stabiliser le retour des habitants, de restaurer les services essentiels et les moyens de subsistance, et de soutenir les institutions chargées de conduire la reconstruction.

«Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est que nos partenaires se tiennent aux côtés de l’État libanais dans ce processus», a conclu le Premier ministre. «Nous devons passer ensemble de la réponse aux besoins urgents au soutien du retour, du redressement et de la reconstruction, afin de permettre aux habitants du Sud de revenir, de rester sur leurs terres et de retrouver leur vie, tout en renforçant la présence de l’État et de ses institutions dans les régions touchées.»

La réunion a également été marquée par le lancement du programme mondial Moving Beyond Crisis du Pnud.