Les principales compagnies aériennes iraniennes ont été contraintes mercredi d'annuler des vols internationaux après que Washington a juré d'être intraitable à l'égard des entreprises leur prêtant assistance.
Tous les avions ne sont cependant pas cloués au sol. Un appareil de Mahan Air, l'une des deux principales compagnies iraniennes à desservir l'international, s'est posé vers 08H40 GMT en Chine.
La veille, Pékin avait balayé les menaces des États-Unis de sanctions contre quiconque garderait des liens avec le secteur aérien iranien, rejetant des mesures «unilatérales illégales».
Des pays limitrophes de l'Iran ont quant à eux appliqué les sanctions américaines, s'attirant les menaces de leur voisin.
«Si un pays entre en collaboration ou s'engage dans des aventures avec les États-Unis, ses aéroports ne pourront plus assurer de vols», a averti le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaï, dans un entretien à la télévision d'État.
Retour compliqué
Pour accentuer la pression économique sur Téhéran, le gouvernement américain a affirmé début septembre vouloir clouer au sol l'ensemble du secteur aérien iranien en lui rendant la vie impossible, via une application extensive de son arsenal de sanctions.
Les poids lourds Iran Air et Mahan Air étaient déjà sanctionnés par les États-Unis depuis plusieurs années. Vingt-sept transporteurs iraniens opérant à l'échelle locale ou régionale ont été à leur tour placés sur liste noire de Washington le 8 septembre.
La mesure laissait aux entreprises en dehors d'Iran jusqu'au 23 septembre pour se mettre en conformité en rompant les relations avec ces compagnies, par exemple en cessant de mettre du kérosène dans leurs avions.
Un non-respect de l'embargo américain leur fait courir le risque d'être à leur tour placées sur liste noire et donc d'être coupées du système financier en dollars.
C'est ce qui est arrivé, également le 8 septembre, à des sociétés ayant travaillé avec Mahan Air basées en Turquie, en Malaisie, aux Émirats arabes unis ou encore au Kazakhstan.
«Nous mettons les Iraniens sous une pression sans précédent», a déclaré mercredi le ministre américain des Finances Scott Bessent.
Selon lui, «les vols internationaux au départ de l'Iran ont été suspendus à plus de 80 ou 90%».
«Je ne sais pas trop comment les représentants iraniens à l'ONU vont rentrer chez eux», a ironisé le ministre sur Fox News.
L'Assemblée générale des Nations unies se tient cette semaine à New York. Le président iranien Massoud Pezeshkian y a affirmé mercredi que «la résistance du peuple iranien ne fera(it) que s'intensifier face aux sanctions, à la pression croissante et à l'intimidation grandissante» des États-Unis.
Situation «instable»
L'intransigeance affichée par Washington a déjà montré certains effets.
Mahan Air a annoncé mardi la suspension de tous ses vols vers la Turquie voisine à la demande des autorités turques.
Et mercredi, une importante agence de voyages de Téhéran a indiqué à l'AFP que les vols vers Bagdad (Irak), Mascate (Oman), le Qatar, la Géorgie et l'Azerbaïdjan étaient suspendus.
«La situation est instable et nous ne vendons plus de billets pour le moment par crainte d'annulations», a résumé un agent de voyages sous couvert d'anonymat.
L'Iran compte près de 30 compagnies aériennes mais la plupart ne font que des liaisons intérieures. La compagnie nationale Iran Air et Mahan Air (privée) effectuent en temps normal – et malgré les sanctions américaines qui étaient déjà applicables – la plupart des liaisons vers l'étranger, essentiellement des pays limitrophes mais aussi la Russie et la Chine.
En Irak, où les autorités n'ont pas encore donné de position officielle, l'aéroport de Bagdad est fermé aux avions iraniens, mais pas celui de Najaf, ville sainte appréciée des pèlerins venus d'Iran, a indiqué l'agence iranienne Tasnim.
Les frappes israélo-américaines contre l'Iran fin février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, avaient entraîné la fermeture totale de l'espace aérien iranien.
Le trafic a depuis partiellement repris mais seules des compagnies iraniennes peuvent quitter l'Iran.
AFP