Il existe une distinction fondamentale entre une perte comptable et le droit financier d’un citoyen. Partant, tout débat sur la restitution des dépôts doit se fonder sur une question claire: comment s’assurer que la gestion de la crise ne se traduira pas par un sacrifice des déposants?
Les propositions actuelles évoquent des remboursements en espèces, mais aussi des instruments financiers comme des obligations à long terme. Or, la valeur d’un plan ne se mesure pas aux chiffres affichés.
Une obligation qui n’arrive à échéance que dans plusieurs années n’a pas la même portée que des fonds immédiatement disponibles. De même, le montant nominal ne reflète pas nécessairement la valeur économique réelle que son détenteur pourra effectivement récupérer.
Il est donc indispensable de préciser les modalités de remboursement, les garanties, la possibilité de négocier ces instruments, ainsi que les risques de perte de valeur, avant de présenter un quelconque instrument financier comme un substitut à un dépôt en espèces.
Le débat sur la répartition des pertes ne peut faire fi des responsabilités historiques des institutions concernées. La crise n’est pas née d’une décision des déposants, mais de l’accumulation de politiques et de choix gouvernementaux, législatifs et financiers qui ont mené à l’effondrement du système, plaçant ainsi le secteur bancaire au cœur du problème.
Aujourd’hui, il faut un dispositif qui fixe les priorités sur des bases juridiques et économiques, clarifie le traitement réservé aux différentes catégories et établit des garanties contre toute discrimination injustifiée.
L’État peut certes adopter une nouvelle loi, mais le rétablissement de la confiance exige bien plus que des textes. Il requiert des informations complètes, une véritable reddition de comptes, un mécanisme de mise en œuvre qui puisse faire l’objet d’un suivi, ainsi qu’un engagement réel à respecter les échéances annoncées.
Les déposants ne réclament pas de privilèges. Ils demandent simplement que la crise qu’ils n’ont pas provoquée ne se transforme pas en condamnation permanente de leurs avoirs.