Le patriarche maronite, Béchara Raï, a appelé dimanche à faire preuve de patience pour permettre au Liban de consolider ses institutions et de renforcer l’autorité de l’État, tout en mettant en garde contre toute utilisation de la patience comme prétexte pour retarder les solutions.
Dans son homélie prononcée lors de la messe consacrée à l’autel des bienheureux patriarches Estéphan Douaihy et Élias Hoyek, en la cathédrale Saint-Georges, en présence du président de la République Joseph Aoun, le patriarche a estimé que le Liban avait besoin d’une patience «qui accompagne la décision, le dialogue et le travail», afin de construire un État capable d’assumer pleinement ses responsabilités.
Béchara Raï a notamment insisté sur l’importance du soutien à l’armée libanaise, de son équipement et du renforcement des capacités de l’État. Il a fait référence à la réunion tenue à Paris le 17 septembre pour discuter des besoins de l’armée et de l’avenir de la situation dans le sud du Liban, soulignant la nécessité de consolider le principe d’un État capable d’assumer ses responsabilités.
Le patriarche a également appelé à un «long souffle» pour renforcer l’unité interne, rapprocher les positions et restaurer la confiance des Libanais dans leurs institutions. Selon lui, l’unité ne peut être imposée par une décision ni construite en une seule séance. Elle nécessite de placer l’intérêt national au-dessus des intérêts particuliers.
Sur le plan économique et financier, Béchara Raï a insisté sur la nécessité de protéger les droits des déposants. Il a estimé que la réforme du secteur bancaire et la restitution de leurs droits ne pouvaient plus être reportées.
En conclusion, le patriarche a insisté sur le sens de la patience qu’il appelle de ses vœux. Celle-ci, a-t-il souligné, «ne signifie pas reporter les solutions, ni cohabiter avec l’erreur, ni gérer la crise», mais consiste à «connaître l’objectif, commencer à œuvrer pour l’atteindre et ne pas reculer jusqu’à obtenir le résultat».