Le département américain du Trésor a annoncé mardi des sanctions contre dix personnes et entreprises accusées d’avoir fourni des armes, des composants militaires ou des technologies à l’Iran. Les mesures, adoptées dans le cadre de l’opération «Economic Outcast», visent des réseaux établis notamment en Chine, à Hong Kong, au Pakistan, en Arabie saoudite et en Turquie.
Selon l’Office de contrôle des avoirs étrangers (Ofac), ces réseaux ont soutenu le ministère iranien de la Défense et de la Logistique des forces armées (MODAFL), qui supervise les programmes de missiles balistiques, de drones et d’autres armements du pays.
«Le Trésor continuera de cibler et de perturber ceux qui fournissent un soutien matériel, technologique ou financier permettant au régime iranien de poursuivre son entreprise terroriste», a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.
Un représentant iranien basé à Pékin
Parmi les personnes sanctionnées figure Seyyed Asghar Alizadeh Tabatabai, présenté par Washington comme le représentant du MODAFL à Pékin. Il aurait coordonné, au nom de l’Iran, l’acquisition en Chine de systèmes d’armes achevés et de composants à double usage.
L’Ofac a également désigné le groupe iranien Kavoshcom Asia R and D Group, accusé d’avoir obtenu des équipements électroniques destinés à Iran Aircraft Manufacturing Industrial Company (HESA), spécialisée dans les drones et les avions militaires.
Kavoshcom aurait aussi fourni des composants au Shahid Bakeri Industrial Group, impliqué dans le programme iranien de missiles balistiques à combustible solide.
Son directeur, Ali Fotowat Ahmady, sa représentante Parisa Lali, l’entreprise hongkongaise EC Mojo Technology et sa représentante en Chine, Li Fen, ont également été sanctionnés. Cette dernière est accusée d’avoir tenté de contourner les sanctions et les contrôles à l’exportation.
Un réseau lié au groupe pakistanais Cavalier
Le Trésor américain a parallèlement sanctionné Waseem Pasha Tajammal, président du groupe de défense pakistanais Cavalier. Il est accusé d’avoir servi d’intermédiaire pour le MODAFL afin d’acquérir et de distribuer des armes.
Trois entreprises qu’il dirige ou contrôle ont aussi été désignées: Cavalier Dynamics Private Limited, établie au Pakistan; Cavalier Dynamics for Technologies Company, en Arabie saoudite; et Cavalier Dynamics Teknoloji Ticaret Anonim Sirketi, en Turquie.
L’action contre la société saoudienne a été menée en coordination avec les autorités de Riyad, selon le communiqué américain.
Gel des avoirs et risque de sanctions secondaires
Les avoirs des personnes et entreprises désignées situés aux États-Unis ou détenus par des ressortissants américains sont désormais gelés. Les sociétés possédées à 50% ou plus par un ou plusieurs acteurs sanctionnés sont également concernées.
Les transactions impliquant ces personnes sont en principe interdites aux citoyens et entreprises américains. Les établissements financiers étrangers facilitant sciemment des opérations importantes pour leur compte s’exposent en outre à des sanctions secondaires et à des restrictions d’accès au système financier américain.
Lancée le 24 août, l’opération «Economic Outcast» vise à couper les circuits utilisés par Téhéran pour vendre son pétrole, contourner les sanctions et financer ses activités régionales. Washington affirme vouloir accroître le coût de toute assistance aux programmes militaires iraniens et empêcher leur reconstitution.