Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), le Centre de recherche et de développement pédagogiques (CRDP) et l’Agence française de développement (AFD) ont signé aujourd’hui le projet « Manhajna », consacré à l’appui à la réforme des programmes de l’enseignement général préuniversitaire au Liban.

Doté d’une subvention de 4 millions d’euros de la France à travers l’AFD, ce projet marque une nouvelle étape dans l’accompagnement de la réforme engagée par le Liban pour moderniser son système éducatif et mieux répondre aux besoins des élèves, des enseignants et de la société libanaise.

Les programmes libanais actuellement en vigueur remontent pour l’essentiel à 1997. En décembre 2022, le CRDP a élaboré, en lien avec le MEES et les acteurs nationaux du secteur, un Cadre national libanais des programmes de l’enseignement général préuniversitaire, qui constitue désormais une référence pour la transformation des apprentissages et l’évolution vers une approche davantage fondée sur les compétences et centrée sur l’apprenant.

À travers Manhajna, l’AFD accompagne ainsi une réforme structurante pour le système éducatif libanais, en appui au CRDP, institution nationale chargée de la conception et du développement des programmes. Le projet contribuera à traduire le nouveau cadre national en orientations et outils pédagogiques opérationnels, la montée en compétences des enseignants et le pilotage du nouveau programme en cohérence avec les priorités du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Le choix du nom «Manhajna», «Notre curriculum», porte une signification particulière. Il traduit l’ambition d’une réforme qui ne soit pas seulement une transformation technique des contenus scolaires, mais un projet collectif, porté et approprié par les acteurs libanais. Le curriculum contribue en effet à transmettre des connaissances et des compétences, mais aussi à construire une culture commune, à développer le sens de la citoyenneté et à nourrir le sentiment d’appartenance au Liban.

La professeure Hiam Ishac, présidente du CRDP, a souligné que ce nouveau cadre de financement intervient à un moment particulièrement important pour accompagner la transformation de l’institution et la réforme des curricula: «Les enjeux sont considérables : faire de l’équité et de l’inclusion des priorités afin de former des citoyens libres, dotés d’un esprit critique aiguisé, capables de dépasser les clivages identitaires et de construire l’avenir de notre pays. Ce nouveau cadre de financement intervient donc à point nommé. Il nous permettra de renforcer la capacité du CRDP à agir, à innover et à améliorer sa gouvernance.»

S. E. l’Ambassadeur de France au Liban, M. Patrick Durel, a souligné l’importance de placer la qualité des apprentissages au cœur de la réforme éducative: «Le projet Manhajna porte (enfin) une ambition fondamentale : rappeler que l’enjeu de l’éducation ne peut pas être seulement celui de l’accès à l’école. La question de la qualité de l’éducation, des apprentissages et des compétences acquises doit être au cœur de nos préoccupations.»

Pour sa part, Rima Karami, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, a souligné l’importance de cette nouvelle étape dans le partenariat entre le Liban, la France et l’AFD, ainsi que la portée de la réforme des curricula pour l’avenir du système éducatif libanais :

« La signature de cet accord entre le CRDP et l’AFD constitue une étape importante. Elle témoigne de la solidité du partenariat qui accompagne le Liban dans ces moments difficiles. Mais surtout, elle montre que ce partenariat a choisi d’investir avec nous, au sein du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, dans l’avenir du Liban. Je tiens à exprimer mes sincères remerciements à la France, à l’AFD et à toutes les parties qui ont contribué à la réussite de cet accord. Cet appui financier et technique est inestimable. Mais il représente bien plus qu’un soutien matériel : il est aussi un témoignage de confiance. Confiance dans nos institutions. Confiance dans notre capacité à conduire une réforme ambitieuse. Et confiance dans l’éducation comme pilier essentiel de la reconstruction de notre pays.

Dans un contexte marqué par des crises successives ayant profondément affecté le système éducatif, la réforme des programmes constitue un investissement essentiel dans la qualité et la résilience de l’éducation au Liban. Elle doit permettre de mieux préparer les élèves aux évolutions de la société et du monde du travail, tout en renforçant les valeurs de citoyenneté, d’inclusion, de responsabilité et de cohésion sociale.

La signature de Manhajna vient ainsi concrétiser une ambition partagée : faire de la réforme des programmes un processus national, durable et inclusif, au service de chaque élève et de l’avenir du Liban.