Le Premier ministre irakien a annoncé jeudi fixer au 30 juin 2027 la date butoir pour le désarmement des factions pro-iraniennes présentes sur le territoire, au lendemain du retrait de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis.
Un départ qualifié de «victoire historique» par les Gardiens de la Révolution, puissante force armée de la République islamique d'Iran, en guerre contre les États-Unis depuis fin février.
«L'expulsion des États-Unis d'Irak est le fruit de la détermination inébranlable de cette fière nation à défendre son indépendance», ont-ils réagi dans un communiqué.
«Deux décennies d'occupation» n'ont apporté «aucune sécurité», ont-ils ajouté en référence à l'invasion en 2003 par les États-Unis de l'Irak pour renverser Saddam Hussein.
Les forces internationales avaient été déployées en Irak et en Syrie en 2014, où l'EI s'était emparé de vastes pans de territoire et avait commis des atrocités.
Leur mission s'est officiellement achevée mercredi, et le pouvoir irakien estime que ce retrait prive les factions armées — dont beaucoup sont soutenues par l'Iran — du prétexte qu'elles invoquaient pour conserver leur arsenal.
Des responsables irakiens, convaincus que l'Iran n'acceptera pas leur désarmement, craignent cependant qu'elles n'en sortent renforcées et ne plongent un peu plus le pays dans le conflit régional au Moyen-Orient.
«Aucun calendrier ou accord»
«Le 1ᵉʳ octobre doit marquer le point de départ pour s'attaquer au problème des armes échappant au contrôle de l'État (...) selon une feuille de route claire et une échéance le 30 juin 2027 au plus tard», a déclaré le Premier ministre Ali al-Zaïdi dans un communiqué.
«Conformément au principe constitutionnel, la décision de guerre ou de paix doit relever des autorités constitutionnelles», a-t-il ajouté. «Toute action militaire allant à l'encontre de ce principe est proscrite».
Le gouvernement avait initialement fixé au 30 septembre l'échéance du désarmement des factions, avant de temporiser.
Si certains groupes ont déjà remis leurs armes à l'État, d'autres refusent d'obtempérer.
Mercredi, les factions pro-iraniennes ont dit n'être tenues de respecter «aucun calendrier ou accord» pour remettre leurs armes à l'État.
Le porte-parole militaire des brigades du Hezbollah (Kataeb Hezbollah), Jaafar al-Husseini, a déclaré lors d'une cérémonie célébrant le retrait de la coalition que les factions avaient engagé des discussions sur la «régulation» des armes, sans plus de détails, mais «n'avaient pas encore reçu de réponse du gouvernement irakien».
Les groupes ont posé des conditions incluant non seulement le retrait des troupes étrangères, mais aussi la fin de l'ingérence politique et économique américaine.
L'Irak est de longue date pour l'Iran et les États-Unis un théâtre d'affrontement par procuration, chacun cherchant à influencer les décisions politiques et la composition des gouvernements successifs du pays.
«Les États-Unis doivent se retirer de la région», ont réitéré les Gardiens, une demande récurrente de Téhéran depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, Téhéran et les factions alliées ont intensifié au plus fort du conflit leurs attaques en Irak, visant notamment les troupes de la coalition dans la région du Kurdistan.
AFP