Le président américain Donald Trump n'a pas exclu d'intensifier les frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat de novembre, dans un entretien accordé lundi au magazine Time et publié jeudi. Interrogé sur cette éventualité, il a répondu qu'elle était «possible», refusant d'en dire davantage pour ne pas dévoiler ses cibles. Il a également confirmé avoir rejeté le week-end dernier une proposition iranienne de cessez-le-feu, qui prévoyait notamment la réouverture du détroit d'Ormuz, la jugeant insuffisante.

Une guerre plus longue qu'annoncé

Interrogé sur la durée du conflit, entré dans son septième mois alors qu'il avait initialement évoqué six à huit semaines, Donald Trump a affirmé avoir atteint ses objectifs dans les délais prévus, puis choisi d'aller plus loin pour empêcher Téhéran de reconstituer ses capacités sous une autre forme. Il a soutenu que les frappes américaines avaient détruit le programme nucléaire, la marine, l'aviation, les radars et les défenses antiaériennes de l'Iran, évoquant 159 navires coulés. Il a ajouté qu'un volume record de pétrole avait transité la veille par le détroit d'Ormuz.

Selon lui, l'économie iranienne est exsangue et Téhéran cherche à conclure un accord, mais il dit vouloir «le véritable accord». Il a assuré que les prix du pétrole retrouveraient leur niveau d'avant-guerre dès qu'un accord serait signé.

Le président américain a par ailleurs maintenu que l'anéantissement de l'Iran restait envisageable, estimant que la paix était impossible avec la République islamique. Il a affirmé que le régime avait tué entre 72.000 et 75.000 manifestants ces derniers mois, un bilan qu'il dit documenté par les services américains.

Des stocks de munitions en reconstitution

Interrogé sur un rapport du département de la Défense faisant état de pénuries de munitions, Donald Trump l'a qualifié de largement infondé, tout en reconnaissant que certains types de munitions étaient en baisse.

Il a affirmé que les industriels de la défense, dont Raytheon, travaillaient en continu et construisaient de nouvelles usines, notamment pour les systèmes Patriot et THAAD (Terminal High Altitude Area Defense). Selon lui, le coût de ce réapprovisionnement sera inférieur à un mois de recettes pétrolières tirées du Venezuela.

Le Hamas, Netanyahou et Riyad

Sur le dossier de Gaza, Donald Trump a indiqué qu'il prendrait une décision depuis la Situation Room face au refus du Hamas de désarmer, sans préciser laquelle. Il a refusé de se prononcer sur un nouveau mandat du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, se contentant de mettre en garde contre toute tendance à le sous-estimer. Interrogé sur Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major et principal candidat de l'opposition, il a dit ne rien avoir entendu de négatif à son sujet.

Le président américain a également mis en doute les informations selon lesquelles l'Égypte et les Émirats arabes unis auraient averti Benjamin Netanyahou avant l'attaque du 7 octobre 2023, estimant que celui-ci aurait réagi s'il avait été prévenu.

Interrogé sur le mécontentement prêté à l'Arabie saoudite après l'absence de soutien américain face aux attaques des Houthis, Donald Trump a qualifié la relation de bonne et dit apprécier le prince héritier. Il a affirmé que, sans son action, ni l'Arabie saoudite ni Israël n'existeraient aujourd'hui.