Deux paires engagées, deux premières places de groupe, aucun set abandonné avant la finale, puis l’or et l’argent. À Doha, les Libanaises n’ont pas simplement remporté une étape du circuit ouest-asiatique de beach-volley: elles l’ont verrouillée. Mirna Cheikho et Lara Al Nahi décrochent le titre devant Mirvat Hamze et Nour Hamze, au terme d’un tournoi qui confirme une tendance désormais difficile à considérer comme un accident. Le beach-volley féminin libanais est en train de s’installer au sommet de la région.
Avant même le premier service de la finale, le Liban avait déjà gagné.
Mirna Cheikho et Lara Al Nahi d’un côté, Mirvat Hamze et Nour Hamze de l’autre: les deux tandems avaient éliminé leurs dernières rivales et transformé le match pour l’or en affaire exclusivement libanaise.
Cheikho et Al Nahi ont finalement pris la première place. Hamze et Hamze repartent avec l’argent.
Huit matches, seize sets, aucune brèche
Le parcours jusqu’à la finale donne encore davantage de poids au doublé.
Mirna Cheikho et Lara Al Nahi ont terminé leur groupe avec trois victoires en trois rencontres et six sets gagnés sur six. Elles ont dominé successivement une paire qatarie 21-10, 21-5, Bahreïn 21-7, 21-10, puis une autre équipe du Qatar 21-10, 21-10.
En demi-finale, Haya Abu Issa et Laila Mohammed n’ont pas davantage résisté: 21-5, 21-9.
Mirvat Hamze et Nour Hamze ont suivi le même chemin. Trois matches, trois victoires et aucun set perdu en phase de groupes, avec notamment un 22-20, 22-20 face aux Qataries Haya Abu Issa et Laila Mohammed.
En demi-finale, les Libanaises ont écarté la paire bahreïnie 21-12, 21-16.
Avant de s’affronter entre elles, les deux équipes libanaises avaient donc cumulé huit victoires en huit matches et seize sets remportés sur seize.
Le Liban n’avait pas seulement assuré une médaille. Il avait confisqué les deux premières marches.
Cheikho-Al Nahi, le sommet comme habitude
Pour Mirna Cheikho et Lara Al Nahi, Doha prolonge une série déjà impressionnante.
En août, à Amman, le tandem avait remporté une étape du circuit WAVA sans perdre le moindre set, avant de battre en finale les Jordaniennes Rahaf Haimour et Shahed Al Awamleh.
Quelques jours plus tard, à Batroun, Cheikho et Al Nahi avaient récidivé. Après un début de tournoi contrarié, elles avaient traversé le tableau pour retrouver déjà Mirvat Hamze et Nour Hamze en finale et s’imposer 21-18, 21-19.
Le podium féminin avait alors été entièrement libanais, Lea El Chabib et Mira Adra décrochant le bronze.
Doha confirme donc quelque chose de plus profond qu’une succession de bons résultats. Les mêmes noms reviennent, les podiums s’enchaînent et le Liban ne dépend plus d’un exploit isolé pour exister dans la région.
Le Liban a surtout trouvé de la profondeur
La performance de Mirvat Hamze et Nour Hamze est presque aussi importante que le nouveau titre de Cheikho et Al Nahi.
À Doha, la deuxième paire libanaise a elle aussi traversé son groupe et sa demi-finale sans perdre un seul set. La présence de deux tandems en finale montre que le pays ne possède plus simplement une paire capable de gagner, mais plusieurs joueuses en mesure de rivaliser au même niveau.
Les résultats récents racontent la même histoire.
À Batroun, le Liban avait occupé les trois marches du podium féminin. En 2024, Lara Al Nahi, associée à Louna Khorbotly, avait également remporté à Doha le premier championnat féminin U20 de beach-volley organisé au Moyen-Orient, tandis qu’une autre paire libanaise avait décroché le bronze.
En beach-volley féminin, le Liban ne gagne plus par surprise: il s’installe au sommet de l’Asie de l’Ouest.
La phrase résume ce qui est en train de changer. Un bon tournoi peut être un accident. Une succession de titres, plusieurs paires sur les podiums et une relève déjà médaillée dessinent autre chose.
Un succès qui se construit
Cette progression bénéficie également d’un encadrement devenu plus structuré.
La Fédération libanaise de volley-ball a obtenu, dans le cadre du programme Volleyball Empowerment de la FIVB, 84.000 dollars de soutien pour l’encadrement des paires de beach-volley, auxquels se sont ajoutés 17.500 dollars destinés au matériel.
Les sélections travaillent sous la direction de Nader el Fidawi.
L’argent ne gagne évidemment aucun match à lui seul. Mais il permet au sport libanais de disposer de ce qui lui manque souvent: continuité dans la préparation, entraîneur spécialisé, compétitions internationales répétées et possibilité de confronter régulièrement les joueuses au niveau extérieur.
Sur le sable, cette continuité commence à produire une série de résultats difficile à ignorer.
Demain, changement d’échelle
Doha accueille cette semaine l’AVC Doha Open, cette fois à l’échelle asiatique. Le tableau féminin réunit notamment des paires japonaises, australiennes, thaïlandaises, chinoises et indonésiennes.
Mirna Cheikho et Lara Al Nahi y retrouveront donc une opposition d’un autre calibre.
Chez les hommes, Jad Abi Karam et Hady Chabib ont eux aussi montré de belles choses lors de l’étape ouest-asiatique. Invaincus en phase de groupes avec trois victoires et aucun set perdu, ils ont été stoppés en demi-finale par la paire qatarie Mousa Al Khair-Mohamed Ihab, 21-13, 24-22.
Le tournoi asiatique permettra maintenant de mesurer l’écart entre domination régionale et ambitions continentales.
C’est peut-être là que se trouve le prochain chapitre.
À Doha, le Liban vient de prouver qu’il pouvait imposer deux équipes au sommet de l’Ouest asiatique. À partir de demain, il saura jusqu’où ce beach-volley féminin peut porter son drapeau lorsque l’horizon s’élargit à tout le continent.