Le gouvernement libanais a décidé de lancer un nouvel appel d’offres pour répondre aux besoins supplémentaires exprimés par les services de sécurité de l’aéroport René-Mouawad de Kleiate. Selon le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, ces besoins nécessitent une enveloppe d’environ 6 millions de dollars, destinée notamment à l’installation de caméras de vidéosurveillance et à la construction d’une clôture de sécurité.
Attribué le 19 mai à la société Sky Lounges Services pour 10 millions de dollars, le premier marché portait sur l’exploitation, la gestion et l’équipement de l’aéroport. Il ne couvrait pas ces travaux supplémentaires, dont l’absence a suscité des critiques au sein du gouvernement.
Des impératifs sécuritaires invoqués après coup
Pour se justifier, Fayez Rassamny a expliqué que les besoins en question avaient été exprimés ultérieurement par les services de sécurité concernés et le commandement de l’armée libanaise. Ces équipements sont, selon lui, nécessaires pour renforcer la préparation sécuritaire, technique et opérationnelle de l’aéroport et dépassent le périmètre des travaux initialement prévus pour son ouverture.
Cette explication laisse toutefois ouverte la question de l’anticipation de ces besoins lors de la préparation du premier appel d’offres.
Lors de sa séance de jeudi, le Conseil des ministres a décidé que le marché complémentaire serait attribué par l’intermédiaire de l’Autorité de l’aviation civile, dans le cadre d’un appel d’offres public conforme à la loi sur les marchés publics. Son financement serait assuré par un transfert de crédits prélevés sur le compte spécial de la direction du Trésor, alimenté par les redevances aéroportuaires, d’après la proposition du ministre de tutelle.
Une ouverture encore incertaine
Selon le bureau du ministre des Travaux publics et des Transports, les travaux supplémentaires ne devraient pas empêcher la mise en service de l’aéroport et pourraient être réalisés parallèlement à son exploitation. Le ministre de l’Intérieur, Ahmad Al-Hajj, a également affirmé que le service de sécurité de l’aéroport et les autres services relevant de son ministère étaient prêts à assurer cette mise en service.
Reste à préciser dans quelles conditions l’aéroport pourra fonctionner avant l’achèvement de l’ensemble des travaux de sécurité.
Le calendrier demeure lui aussi incertain. Selon des sources au ministère des Travaux publics et des Transports, le 15 novembre, date souhaitée par le Premier ministre Nawaf Salam pour le premier vol commercial au départ de Kleiate, paraît difficile à tenir. Le 22 novembre, date également évoquée, en référence à la fête de l’Indépendance et à l’assassinat de l’ancien président René Mouawad en 1989, ne peut pas davantage être considéré comme acquis.
Par ailleurs, des informations relayées par les médias, mais non confirmées officiellement, indiquent que l’aéroport pourrait, dans un premier temps, fonctionner uniquement durant la journée.
Qui dirigera la sécurité de l’aéroport de Kleiate?
Au-delà des équipements et de leur coût, la question du commandement sécuritaire demeure entière. Faut-il créer un nouveau service, sur le modèle de celui de l’aéroport international de Beyrouth (AIB), ou élargir les compétences du service existant pour lui confier également la sécurité de Kleiate? Le débat intervient alors que le dispositif sécuritaire de l’aéroport de Beyrouth a connu d’importantes évolutions à la suite des événements qui ont secoué le Liban et la région.
Le Conseil des ministres aurait adopté une demande du ministère de l’Intérieur visant à approuver un projet de loi en procédure d’urgence. Celui-ci prévoit de modifier la loi promulguée par le décret n° 1540 du 22 octobre 1978, qui a créé un service spécial chargé de défendre l’aéroport international de Beyrouth et d’y maintenir la sécurité, afin d’étendre ses compétences aux autres aéroports.
Mais le Parlement n’a pas encore dit son dernier mot. Les dispositions envisagées pourraient encore susciter des objections.