Le président Joseph Aoun a appelé la France à contribuer, au sein des Nations unies et du Conseil de sécurité, à la mise en place d’un dispositif garantissant une présence internationale dans le sud du Liban après le retrait prévu de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).

Lors de sa rencontre, samedi, avec une délégation ministérielle française conduite par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le chef de l’État a exprimé le souhait du Liban de voir les forces internationales prolonger leur présence ou poursuivre leurs missions de sécurité en 2027, année prévue pour leur retrait. À défaut, Beyrouth se dit favorable à toute formule permettant d’éviter un vide sécuritaire dans le Sud et de prévenir une situation dans laquelle l’armée libanaise se retrouverait directement au contact de l’armée israélienne dans les zones occupées.

Joseph Aoun a salué la disposition de la France à œuvrer en faveur d’une solution répondant à cette préoccupation libanaise.

Aoun dénonce la poursuite des attaques israéliennes

Le président a affirmé qu’Israël continuait de mener des attaques contre les villages et localités du Sud, de détruire des habitations et d’empêcher les agriculteurs d’accéder à leurs terres. Il a estimé que ces actions constituaient un manquement aux dispositions de l’accord-cadre conclu sous médiation américaine.

Selon lui, l’occupation et les tensions persistantes dans le Sud empêchent l’armée libanaise de se déployer jusqu’à la frontière internationale méridionale, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le chef de l’État a également annoncé que la délégation militaire libanaise participerait à la réunion tripartite prévue à Tampa, le 20 octobre, afin de présenter les demandes du Liban concernant l’arrêt de l’escalade israélienne. Beyrouth espère que cette rencontre permettra d’obtenir des résultats conformes à l’accord-cadre.

Joseph Aoun a par ailleurs souligné que l’armée et les autres forces de sécurité poursuivaient l’application des décisions gouvernementales visant à étendre l’autorité de l’État, à empêcher les manifestations armées et à saisir les armes et les munitions. Les contrevenants sont déférés devant la justice, a-t-il précisé.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de l’armée et de lui fournir les équipements nécessaires à l’accomplissement de ses missions. Il a également souhaité que la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure se tienne prochainement, après les résultats positifs de la réunion préparatoire organisée à Paris le mois dernier.

Paris réaffirme son soutien à la souveraineté libanaise

De son côté, Jean-Noël Barrot a transmis les salutations du président français Emmanuel Macron et réaffirmé le soutien de la France au Liban dans les différents domaines, en coordination avec ses partenaires européens.

Le chef de la diplomatie française a souligné que l’engagement de Paris en faveur de la souveraineté, de la stabilité et de la sécurité du Liban restait constant. Il a réitéré la volonté française d’œuvrer à la mise en œuvre intégrale de l’accord de cessation des hostilités du 26 juin 2026 et de la résolution 1701.

Jean-Noël Barrot a également insisté sur la nécessité de mettre en place une nouvelle architecture internationale destinée à soutenir la souveraineté libanaise, à accompagner le redéploiement des forces armées libanaises et à prévenir tout vide sécuritaire susceptible d’entraîner de graves conséquences. La France est prête à assumer pleinement son rôle dans ce cadre, a-t-il assuré.

Le président Joseph Aoun a, pour sa part, remercié Emmanuel Macron pour sa décision de rétablir les vols commerciaux français vers Beyrouth, son soutien à l’intégration des ports de Beyrouth et de Tripoli au réseau portuaire du corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), ainsi que son rôle dans la création d’une mission européenne de conseil et de soutien à l’armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure pour une durée de trois ans.

Il a estimé que les positions françaises reflétaient la profondeur des liens historiques entre les deux pays et souhaité que la présence française se poursuive dans l’intérêt commun.

Menassa appelle à prolonger le mandat de la Finul

Samedi soir, Alice Rufo a été reçue par le ministre libanais de la Défense, Michel Menassa, à son bureau de Yarzé. Les discussions ont porté sur les relations bilatérales, notamment dans le domaine de la défense, ainsi que sur les derniers développements au Liban et dans la région.

Michel Menassa a salué le soutien continu de la France au Liban, à son armée et à ses institutions. Les échanges ont notamment porté sur la situation dans le Sud, marquée par la poursuite des attaques israéliennes, et sur l’avenir de la Finul après la fin de son mandat.

Le ministre libanais a souligné la nécessité de mettre fin aux attaques israéliennes, d’obtenir le retrait de l’armée israélienne du Sud et d’éviter tout vide sécuritaire après le départ de la force onusienne. Il a estimé que la prolongation du mandat de la Finul restait l’option la plus appropriée jusqu’à la mise en place d’un dispositif de remplacement adéquat, sous l’égide des Nations unies et en étroite coordination avec l’armée libanaise.

De son côté, Alice Rufo a assuré que la France poursuivrait ses efforts avec ses partenaires européens et internationaux afin de préparer l’après-Finul. Elle a réaffirmé la disponibilité de Paris à contribuer aux futurs dispositifs destinés à soutenir la souveraineté libanaise et à préserver la stabilité dans le Sud, ainsi que son engagement à continuer d’appuyer l’institution militaire.

Nawaf Salam appelle à éviter tout vide sécuritaire dans le Sud après le retrait de la Finul

Jean-Noël  Barrot et sa délégation ont poursuivi leur tournée dimanche avec une rencontre au Grand Sérail avec le Premier ministre Nawaf Salam a reçu dimanche au Grand Sérail le ministre français.

Les discussions ont porté sur les derniers développements au Liban et dans la région.

Nawaf Salam a salué le soutien constant de la France au Liban, notamment ses efforts en faveur du retrait israélien complet du territoire libanais et de l’extension de l’autorité de l’État à l’ensemble du pays, par ses propres forces exclusivement.

Il a également souligné l’importance de soutenir l’État libanais dans le processus de retour à la normale, de relèvement et de reconstruction dans le Sud, afin de permettre aux habitants de rester sur leurs terres, de rétablir les services essentiels et de renforcer la présence des institutions publiques.

Concernant l’après-Finul, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’éviter tout vide sécuritaire dans le Sud et de garantir le maintien d’une présence internationale chargée de missions de surveillance, de compte rendu et de liaison, dans le cadre d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

Les deux parties ont par ailleurs souligné l’importance de poursuivre le soutien à l’armée libanaise et de renforcer ses capacités afin de lui permettre d’étendre l’autorité de l’État à l’ensemble du territoire.

Sur le plan économique, l’entretien a porté sur les réformes financières et économiques engagées par le gouvernement.

De son côté, Jean-Noël Barrot a transmis les salutations du président français Emmanuel Macron et réaffirmé le soutien de la France à la souveraineté et à la stabilité du Liban. Il a également assuré que Paris était disposé à poursuivre son appui à l’État et à l’armée libanaise, à contribuer à l’élaboration des arrangements internationaux pour l’après-Finul et à soutenir les efforts de réforme, de relèvement et de reconstruction.

Nabih Berry appelle à éviter tout vide sécuritaire après le retrait de la Finul

Le président de la Chambre, Nabih Berry, a reçu à Aïn el-Tiné le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, et la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo. Nabih Berry a remercié la France et Emmanuel Macron pour leur soutien au Liban, saluant les sacrifices des contingents internationaux. Il a appelé à une mobilisation internationale pour éviter tout vide sécuritaire à l’expiration du mandat de la Finul, avant la pleine application de la résolution 1701, et pour contraindre Israël à respecter les décisions internationales et à mettre fin à ses attaques.