Le Hezbollah sait que son véritable ennemi n’est pas Israël, mais l’émergence d’un Liban qui fait le choix de la paix et d’un État souverain.
Quelle déchéance pour ceux qui furent jadis si puissants!
Le Hezbollah, c’est l’assassinat de responsables politiques libanais élus, le meurtre de soldats de la paix et les hommes de main qui faisaient régner leur loi dans les rues, à une époque où toutes les autres milices avaient déposé les armes. C’est aussi la destruction de ses propres communautés au profit de parrains étrangers installés à plus de 1.600 kilomètres de Beyrouth, ainsi que l’endoctrinement d’enfants au nom d’une idéologie de la «résistance» qui n’a fait qu’exposer le pays à l’invasion.
Et voilà qu’aujourd’hui, ce même Hezbollah en est réduit à supplier l’État libanais de lui restituer les 1.000 livres d’explosifs confisqués par des soldats libanais faisant leur devoir à un poste de contrôle dans la vallée de la Békaa.
Pourquoi ne réclamerait-il pas, ensuite, des indemnités à l’État pour les 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium qui ont explosé dans le port de Beyrouth en 2020? Cette perte a certainement dû plomber les comptes du Hezbollah cette année-là. Peu importe les 15 milliards de dollars de dégâts subis par le reste du pays, les 200 morts, les 7.000 blessés et les 200.000 personnes déplacées.
Ce qu’il reste du Hezbollah, ses relais rémunérés au Parlement et dans les municipalités, ses réseaux au sein de l’État profond, ainsi que les agents de l’ambassadeur iranien et les formateurs des Gardiens de la révolution islamique présents au Liban, semble toujours croire que le pays lui appartient et qu’il peut continuer à dicter sa loi à l’État libanais et à sa population.
Réclamer la restitution de ses explosifs n’est pas le comportement d’une milice pro-iranienne toute-puissante, capable de décider de la vie ou de la mort de tous les autres. C’est celui d’une organisation criminelle corrompue, en faillite et à la dérive.
Il est temps de mettre fin à cette mascarade. Depuis la signature de l’accord-cadre tripartite en juin, le Hezbollah cherche à provoquer une guerre civile. Mais personne n’a répondu à ses appels. Ses menaces restent sans effet. Le mouvement tente d’intimider tous ceux qui aspirent à un autre Liban, un pays qui ne soit pas sous sa domination, mais qui soit stable, maître de son territoire et en paix avec ses voisins.
Il est tout à fait possible que les explosifs saisis aient été destinés à être utilisés contre ceux qui défendent la paix et la souveraineté de l’État, plutôt que contre des combattants au Liban-Sud.
Puisque le Hezbollah sait que son véritable ennemi n’est pas Israël, mais l’émergence d’un Liban attaché à la paix et à la souveraineté de l’État, les autorités libanaises doivent prendre la mesure du défi auquel elles sont confrontées.
Face à cette provocation ouverte, l’État libanais devra évidemment réagir. Mais il peut et doit aller plus loin: expulser l’ambassadeur iranien et les membres des Gardiens de la révolution qui l’accompagnent, couper les financements iraniens destinés au Hezbollah et exiger que la milice remette ses armes. Si elle persiste dans son refus et continue de défier l’État, celui-ci devra prendre des mesures graduelles.
L’État libanais et la population ont les moyens de faire face à ces provocations. Un récent sondage publié sur ce site montre à quel point le soutien au Hezbollah s’est effrité, y compris au sein de sa propre communauté.
Une organisation terroriste qui ne parvient plus à inspirer la peur est devenue obsolète. Lorsque cette mascarade prendra fin, la communauté internationale réagira et apportera son soutien aux dirigeants libanais.